Pourquoi prier pour les défunts ?

À l’occasion de la Toussaint et de la commémoration de tous les défunts, les chrétiens ont, d’une façon particulière, une pensée priante pour leurs proches décédés. Cette pratique est à encourager et à promouvoir. C’est chaque jour qu’on devrait prier pour nos défunts. À chaque eucharistie, il est toujours fait mention de ‘nos frères et sœurs qui sont morts dans
l’espérance de la résurrection’, mais aussi de tous les humains ‘qui ont quitté cette vie’, même s’ils ne croyaient pas en Dieu.

En effet, après la mort, on ne sait plus rien faire pour le salut de son âme. Il n’y a que la prière des vivants qui supplie le Seigneur de faire miséricorde à ceux qui sont partis et ne peuvent plus rien faire par eux-mêmes.

Prier pour les défunts est donc une tradition chrétienne. Mais l’espérance d’une vie après la mort est déjà attestée dans la Bible bien avant le christianisme. En effet, la croyance en la résurrection des morts est mentionnée dans le deuxième livre des Maccabées. Nous sommes au IIème siècle avant Jésus-Christ (2 Maccabées, 12, 38-46).

Ce n’est donc pas une invention du christianisme, moins encore de l’Église. Saint Paul affirme dans la Lettre aux Corinthiens que «l’amour ne passera jamais». C’est dans cette optique que l’Église affirme qu’il existe une solidarité entre tous les fidèles: les vivants, les morts et ceux qui ont accédé dans la gloire du ciel, les saints. Ce lien d’amour est désigné
par le terme de «communion des saints». Nous vivons dans cette communion à travers ces trois aspects de l’Église, à savoir l’Église triomphante, c’est-à-dire la communauté des saints ; l’Église souffrante, nos frères et sœurs défunts qui continuent leur chemin de purification après la mort et l’Église militante, qui est la communauté des vivants.

La prière pour les défunts est donc un devoir de charité et de solidarité envers ceux qui nous ont précédés dans la mort. Cette prière contribue à leur purification dans le feu de l’amour divin, d’où le terme purgatoire. Vocabulaire rébarbatif qui rebute d’une certaine manière la sensibilité des chrétiens contemporains, le purgatoire n’est ni un lieu, ni un temps, mais l’état d’indignité de l’âme humaine dans sa rencontre avec Jésus après la mort. La prière que nous adressons à Dieu, surtout à travers le sacrifice de la messe est une demande, afin que le Seigneur achève en nos défunts l’œuvre de l’amour qui purifie. Cette
prière a aussi pour but d’apporter la consolation aux proches éprouvés et parfois désemparés.

La volonté de Dieu est de sauver chacun de nous. Dieu est l’Amour parfait, alors qu’en nous, il n’y a pas toujours l’amour parfait. Les fidèles ne meurent pas toujours suffisamment ajustés à l’amour de Dieu, d’où la nécessité de prier pour les défunts.

Il arrive malheureusement que nous oubliions nos morts, c’est le tiers-monde de l’invisible; pourtant ils ont besoin de nous, de notre prière; pas seulement à l’anniversaire de leur décès ou le 2 novembre, mais à tout moment.

Par ailleurs, n’oublions pas qu’en priant pour nos défunts, nous nous préparons à mieux vivre chaque jour notre passage vers la Résurrection et nous devenons davantage des apôtres de l’espérance semblables aux veilleurs de l’aube.

L’offrande de messe demeure la prière par excellence pour nos défunts. Il nous permet de garder un lien de communion avec eux.

Pensons et prions en tout temps pour nos frères et sœurs partis.

Abbé Nicodème BIOUMLA