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Evangile du mois

Mai-Juin 2026: Évangile du dimanche 24 mai (Pentecôte A)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (10, 19-23)

C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Méditation

Expérience étonnante que celle que vivent les disciples : leur ami vient de mourir, leur monde s’écroule, ils se retrouvent seuls et comme orphelins, désemparés et sans perspective d’avenir.

Pourtant, ils réalisent tout à coup que Jésus, contrairement à ce qu’ils pensaient, est toujours bien présent, « au milieu d’eux ». Une paix profonde les envahit alors, les rendant capables d’affronter, de traverser et de surmonter les pires difficultés pour accomplir leur mission d’annonce de la Bonne Nouvelle d’un Dieu d’Amour.

Il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. »

Qui est-il donc ce fameux Esprit Saint, mystérieuse ‘3ème personne’ de la Sainte Trinité, pourquoi est-il si important, et
comment faire pour le recevoir ?

L’Évangile selon Saint Jean que nous lisons aujourd’hui indique que Jésus a soufflé sur ses disciples pour le leur transmettre.

On pourrait donc comprendre que l’Esprit Saint est en quelque sorte le souffle, la respiration même de Jésus Ressuscité, l’air qu’il respire.

L’image de Jésus soufflant sur ses disciples pour leur transmettre un surcroît de Vie me fait penser à l’action d’un respirateur : le personnel médical qui travaille aux soins intensifs le sait, pour que le travail du respirateur soit efficace, il faut que le patient se laisse faire. S’il lutte contre, ça ne va pas, s’il se laisse insuffler, ça fonctionne bien.

C’est un peu la même chose avec l’Esprit Saint : depuis l’événement de la Pentecôte, lu en première lecture (Ac 2, 1-11) et symbolisé dans nos vies personnelles par notre confirmation, Il nous est offert constamment et gratuitement, mais comme tout ce qui vient de Dieu, il ne s’impose pas.

C’est donc à nous qu’il revient de demander dans la prière la grâce de l’Esprit Saint (cf Luc 11,13 ; Ac 1,14), et de nous disposer à l’accueillir, à le laisser œuvrer en nous sans lui opposer de résistance. Nous pouvons pour cela nous mettre à l’école de Marie et de son ‘Oui’ en réponse à la visite de l’Ange (Lc 1,36), ‘Oui’ constamment renouvelé tout au long de sa vie.

L’apôtre Paul dans la deuxième lecture, nous dit concernant l’Esprit Saint deux choses importantes :

  • C’est grâce à Lui qu’il nous est possible de reconnaître Jésus comme Seigneur.
  • Les dons que nous recevons de Lui sont complémentaires et en vue du bien commun.

Ô Seigneur, envoie Ton Esprit, sur moi et sur tous mes frères humains. Donne nous de L’accueillir afin d’être comblés de Ses dons (cf Is 11,2 : « Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur »), pour être rendus capables de travailler humblement à la construction d’un monde meilleur. Amen.

Annick Sauvage

Mars-Avril 2026: Évangile du dimanche 1er mars (2ème de Carême A)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (17, 1-9)

Six jours après avoir annoncé sa mort et sa résurrection, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Méditation

Dans ce passage d’évangile selon Saint Mathieu, Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean à l’écart, sur une haute montagne. Ce détail me semble important car, pour voir autrement, il faut parfois prendre de la hauteur, prendre de la distance, quitter le bruit, le quotidien, l’urgence. La Transfiguration ne se produit pas au milieu de la foule, mais dans l’intimité.

Sur la montagne, Jésus est transfiguré, lit-on, son visage devient lumineux, ses vêtements éclatants. Les disciples entrevoient qui il est vraiment. Pendant un instant, le voile se lève. La gloire de Dieu se révèle, non pas pour éblouir, mais pour fortifier la foi des disciples. Moïse et Élie apparaissent. Ils représentent la Loi et les Prophètes. Ils montrent que Jésus n’est pas une rupture, mais l’accomplissement de la parole, comme il l’avait annoncé.

Pierre voudrait s’installer, figer ce moment, comme nous parfois quand nous vivons un « bon moment ». « Dressons trois tentes » propose-t-il. Comme lui, nous aimerions parfois retenir les instants de lumière, éviter de redescendre dans la vallée, le quotidien qui nous parait parfois bien banal. Mais la foi n’est pas faite pour être arrêtée mais pour nous mettre en route. La voix du Père retentit : « Celui-ci est mon Fils bien aimé… écoutez-le. ». Remarquons que le Père ne dit pas : « admirez-le », ni « comprenez tout » (nous en sommes bien incapables) mais « écoutez-le ». La foi commence là, dans l’écoute confiante.

Dans la suite du texte, nous lisons que tout disparaît. Il ne reste que Jésus, « seul ». Les disciples redescendent de la montagne, appelés à continuer la route, vers Jérusalem, vers la croix. La Transfiguration n’efface pas la souffrance à venir, mais elle devrait donner la force de la traverser. Pour nous aujourd’hui, ce texte nous rappelle que Dieu nous offre parfois des moments de clarté, de paix, de présence forte, de rencontre. Ils ne sont pas faits pour durer, mais pour nous aider à avancer quand le chemin devient plus obscur, quand nous broyons « du noir » et que nous avons besoin de faire appel à notre capacité de résilience.

Je referme le « Grand Livre » et je me questionne : à quand la dernière fois où j’ai osé monter à l’écart pour rencontrer Dieu, accueillir les moments de lumière sans vouloir les retenir et surtout apprendre à écouter le Christ dans ma vie de tous les jours, dans un monde qui semble en perte de lumière et de présence.

Prière

Seigneur Jésus, tu nous invites à monter à l’écart avec toi, à quitter un moment le bruit et les préoccupations pour nous tenir en ta présence. Dans l’intimité, tu révèles ta lumière à ceux qui marchent avec toi, fragiles, parfois fatigués, souvent hésitants.

Merci pour ces instants où tu te laisses voir autrement, où notre foi reprend souffle. Il nous arrive parfois de vouloir retenir les moments de paix, installer des tentes là où tout semble clair et lumineux. Mais c’est alors que tu nous rappelles que le chemin continue, qu’il faut redescendre pour aimer, servir et espérer au cœur du monde que nous habitons.

Aide-nous à écouter ta parole, au milieu de nos doutes et de nos peurs. Quand la route devient obscure, rappelle-nous la lumière entrevue, non pour fuir l’épreuve mais pour la traverser avec confiance.

Jean-Claude Simon

Janvier-Février 2026: Évangile du dimanche 4 janvier (Épiphanie A)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (2, 1-12)

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :  Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Méditation

Des mages d’Orient au palais d’Hérode le Grand. Une ‘rencontre au sommet’, comme l’actualité nous en donne à voir parfois. Mais quel contraste entre les mages et Hérode !

  • La première lecture l’annonçait déjà, ceux-là n’hésitent pas à se bouger (« Les nations marcheront… » ; « ils se rassemblent, ils viennent… ») : après avoir parcouru des centaines, voire des milliers de kilomètres pour atteindre Jérusalem, à peine arrivés ils reprennent la route vers Bethléem, puis repartent à nouveau en faisant un (long) détour.
    Tandis qu’Hérode, assis sur son trône, reste… assis, se contentant d’appeler les uns et d’envoyer les autres, sans jamais daigner se mettre lui-même en mouvement.
  • Pour ce long voyage, les mages ont accepté le risque de l’inconnu, faisant confiance à une étoile qu’ils avaient pour seul guide.
    Tandis qu’Hérode le bien assis s’entoure des plus éminents spécialistes, réclamant indices sûrs et renseignements précis.
  • Enfin les mages, tout riches et savants qu’ils soient, se prosternent devant un nouveau-né haut comme trois pommes couché dans la mangeoire d’une étable à vache, se dépouillant de leurs riches présents pour les lui offrir, tandis qu’Hérode le grand restait bien installé droit comme un i sur le trône de l’imposant palais de son royaume…

Les mages ont tout compris en fait, qui imitent celui qu’ils viennent contempler : pour faire naître en moi le Tout Amour, il me suffit de lui ressembler : né tout petit, il s’est fait toute sa vie le proche des tout petits ; dès la naissance il a appris à faire de grands déplacements, qu’il continuera sa vie durant ; alors qu’il aurait pu reprendre l’affaire familiale et s’installer dans la vie confortable et bien assurée d’un charpentier de bourgade, il a préféré prendre le risque de l’Amour tout donné, ne comptant que sur la présence aimante du Père. Me déplacer, c’est me donner la chance de rencontrer d’autres lieux, d’autres gens ; m’abaisser, c’est pouvoir contempler les choses et les gens sous un nouvel angle ; me dépouiller du superflu, c’est me rendre de la légèreté pour aller de l’avant. Seigneur, aide-moi à suivre ce chemin, pour repartir du bon pied en cette année qui s’ouvre.

Annick Sauvage

Novembre-Décembre 2025: Évangile du dimanche 14 décembre (3ème Avent, de Gaudete, A)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’ Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Réflexion

Ce passage de l’évangile de Matthieu pourrait avoir pour titre : « Le Baptiste et le doute ». Jean-Baptiste, est en prison à cause de sa foi, il envoie ses disciples demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un
autre ? » Ce passage est interpellant parce qu’il montre que même le plus grand des prophètes a pu connaître le doute.

Bien des fois, cette inquiétude de mon saint Patron m’a rassuré durant certains de mes moments de questionnement. Et Jésus ne répond pas à son cousin par une définition de lui-même, mais par les signes qu’Il accomplit.

Au cour de mon existence, j’ai appris que le doute fait partie de mon chemin de foi. Lorsque le doute se présente, il est
tentant de se perdre dans les questions abstraites ou de s’inquiéter des manques de certitude. Mais le doute n’efface pas les signes concrets de la présence du Christ : une paix qui arrive à dépasser les circonstances, une force de pardon parfois que je n’aurais pas eu seul, un élan de charité qui me surprend. Je veux croire que ces fruits sont comme des traces lumineuses laissées par l’Esprit de Dieu dans ma vie.

La foi n’est pas une théorie, mais l’expérience d’une vie transformée par la présence de Jésus. Quand le doute nous
traverse, il est bon de regarder les fruits concrets de l’Amour et de la Lumière qui se manifestent. La foi n’est ni une
construction intellectuelle, ni l’adhésion à un ensemble de théories ou de raisonnements. Elle naît et s’approfondit
dans la rencontre d’une personne vivante qu’est Jésus. C’est cette rencontre qui transforme l’existence, éclaire les ténèbres intérieures et donne une saveur nouvelle à la vie quotidienne. Paulo Coelho a romancé la vie du prophète Élie, confronté à une série d’épreuves : la guerre, la mort, la destruction, et surtout, la lutte intérieure entre l’obéissance à ce qu’il croit la volonté de Dieu et la liberté de choisir son propre chemin. La « cinquième montagne » devient pour lui le symbole de l’ultime défi spirituel : dépasser la fatalité, affronter ses peurs et accepter sa responsabilité d’homme dans l’histoire. Au fil du récit, Élie passe du doute à une foi véritable et découvre peu à peu que la véritable foi ne consiste pas seulement à suivre, mais aussi à créer, à aimer, et à agir malgré l’incertitude. C’est dans cette confrontation qu’il trouve la force de transformer la douleur en renaissance.

Ainsi, plutôt que de chercher à tout expliquer, il est bon de se rappeler que la foi se vérifie dans ses fruits : là où l’amour grandit, où la lumière dissipe l’ombre, où la vie reprend souffle. C’est en regardant ces transformations concrètes, parfois discrètes mais toujours bien réelles, que nous retrouvons la certitude intérieure que le Christ est présent, et que la foi est d’abord une expérience vécue avant d’être comprise.

Prière

Seigneur Jésus, ma foi n’est pas une théorie, ni une idée à défendre, je la voudrais rencontre vivante avec Toi, une
rencontre qui change mon regard, mes gestes, mon cœur.

Quand le doute me traverse et que mes certitudes vacillent, apprends-moi à contempler les signes de ton amour dans
ma vie : la lumière qui éclaire mes pas, la paix qui demeure au milieu de mes tempêtes, ton pardon qui guérit mes blessures, la joie de te servir et d’aimer.

Rappelle-moi, Seigneur Jésus, que la vérité de ma foi se vérifie dans la transformation de mon existence, dans les signes concrets de ton Esprit à l’œuvre.

Alors même au cœur de mes questions, je peux m’appuyer sur la trace de ton passage et redire : « Tu es là, Seigneur,
et tu fais toutes choses nouvelles. »

Jean-Claude Simon

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