Dans le cadre du projet européen « églises portes ouvertes », la Fabrique d’église Notre-Dame d’Emael et son équipe relai ont organisé une semaine d’exposition, concert et conférence sur le thème « d’or et d’argent, orfèvrerie et liturgie ».
Le concert du samedi 6 juin proposait un duo musical original. Un choc de culture entre deux instruments que tout semble opposer. Un orgue et une trompette avaient pour mission de faire voyager les spectateurs dans un répertoire de « fantaisie ».






L’église Notre-Dame d’Emael n’est pas seulement un lieu de prière et de ressourcement ; elle regorge de créativité humaine et d’imagination débordante. D’ailleurs l’art sacré a toujours utilisé le merveilleux pour instruire, surprendre et toucher les croyants et non croyants. C’est ainsi que le lundi 8 juin, une conférence abordait un sujet crucial, une question qui taraude l’humanité depuis des siècles : peut-on aimer Jésus tout en ayant un faible pour les objets qui brillent ?
Plus sérieusement, nous avons parlé de la cohabitation entre la liturgie et l’orfèvrerie. À première vue, on pourrait y voir une contradiction. D’un côté, l’Évangile prône la simplicité, le détachement, la pauvreté évangélique. De l’autre côté, en Vallée du Geer comme ailleurs, nos sacristies regorgent de calices en or, de ciboires ciselés et d’ostensoirs tellement lourds qu’il faut avoir fait trois ans de musculation pour les porter jadis en procession.
Alors, l’orfèvrerie dans l’Église : sainte dévotion ou pur complexe de supériorité esthétique ?
Quand nos ancêtres ont commandé ces pièces en or et en argent, ce n’était pas pour faire du ‘bling-bling’ ecclésiastique ou pour impressionner la paroisse d’en face. L’idée, c’était plutôt de se dire : ‘Puisque le Christ s’offre à nous, on ne va quand même pas servir le vin de messe dans un gobelet en plastique !’
Durant cette très enrichissante conférence et grâce aux invités : Mauria Moriaux et Thibaut Roblain, nous avons appris que l’orfèvrerie n’est pas là pour détourner le regard de Dieu, elle est là pour tenter de le capturer. Le métal précieux reflète la lumière, et dans nos églises parfois sombres, ces reflets agissent comme de véritables phares spirituels. L’or ne célèbre pas la richesse de nos églises, il tente maladroitement de traduire la richesse de la grâce. En somme, l’orfèvrerie est au service de la liturgie ce que le plus bel écrin est au diamant : elle ne remplace pas le trésor, elle dit simplement qu’il est précieux. Enfin nous avons découvert comment la matière la plus noble s’est mise au service du Mystère le plus grand !
Jean-Claude Simon