Evangile du mois

Mai 2018: Évangile du jeudi 10 mai: Ascension du Seigneur

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (16, 15-20)

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit :
« Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Méditation

Lorsque j’étais petit enfant et qu’on me parlait de l’Ascension de Jésus, je regardais en l’air et j’imaginais que si, d’un revers de manche, on avait pu écarter tous ces nuages encombrant notre vue, on pourrait voir ce beau jeune homme fringuant assis confortablement au côté d’un vieillard barbu. Je restais là comme les apôtres à me demander: quand reviendra-t-il ? Plus tard j’ai appris que le ciel n’était qu’une image, semblable à celle utilisée pour me faire accepter le départ prématuré de mes grands-parents. Mes parents ajoutaient: rassure-toi, ils sont toujours là à tes côtés, ils continuent à t’aimer et t’aideront encore sur ta route de la vie. L’Ascension, c’est le départ de Jésus mais c’est aussi le départ des apôtres. Une nouvelle fois Jésus surprend par l’invitation formulée: «allez enseigner toutes les nations ». Au début de sa vie publique, Jésus avait commencé par appeler près de lui. C’était le temps du «viens et suis-moi». Mais au lendemain de l’Ascension, l’Évangile doit être proclamé parce qu’il est projet de vie. Par l’absence-présence, Jésus est plus présent que par sa chair, il apporte son Esprit. L’Ascension c’est une invitation à nous élever vers davantage de liberté et d’autonomie. L’Évangile de Jésus nous élève et nous fait croire à un autre monde possible. Un monde qui peut commencer ici-bas, si nous le voulons. Lorsque le Christ, vivant, «s’élève», son esprit libéré visite chacun d’entre nous dans sa personnalité à venir. À ce moment-là, le pouvoir du temps a cessé pour lui. Christ dépose chez ses disciples de la 1ère heure puis chez tous ses disciples une richesse nouvelle: vivre l’attente et la veille. Celle-ci s’expérimente dans le clair-obscur d’un temps intermédiaire. En effet, si la mort n’est pas la vérité dernière, comme il nous l’a démontré, nul n’est exempté de passer par elle. Si la Passion du Christ est victoire sur le mal, la violence continue à travers le monde. Si le baptême fait de nous des enfants de Dieu, la faiblesse, le péché sévissent régulièrement et ce jusque dans l’Église. Ainsi donc, dès le lendemain de l’Ascension et jusqu’à nos jours, ce temps nouveau annoncé par Jésus mêle ombres et lumières, de telle sorte que l’affirmation de foi peut toujours être là mais aussi contestée, refusée ou niée. L’attente et la veille sont au cœur même du nouveau Testament. Il affirme que c’est le retour du Ressuscité qui donnera pleine visibilité à sa victoire sur le mal et sur la mort. C’est ainsi que ce Jésus apparemment «absent» ne cesse d’être présent à la vie de l’Église. Sa venue à la fin des temps, ce ne sera pas un retour mais plutôt une apothéose, une célébration, une manifestation grandiose pour une présence qui n’aura jamais cessé d’exister.

Prière

Seigneur, Tu es le cœur, la vérité de notre vie. Pour trouver ton royaume, il nous faudra aller jusqu’au bout. Soutiens-nous, donne-nous la force de rester près de Toi. Aide-nous à percevoir les signes de ta présence au plus intime de notre existence et à montrer notre bonne volonté en travaillant comme les apôtres l’ont fait. Ils se sont donnés de cœur et d’âme, il se sont perdus afin de Te trouver, notre Père, notre Dieu dans et pour ce monde aujourd’hui et jusqu’à la fin des temps.

Jean-Claude SIMON

Avril 2018: Évangile du dimanche 1er avril: Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (20, 1-9)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit: «On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé.» Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. 

Méditation

Dans ce court passage de l’Évangile, le mot tombeau est cité 6 fois. Étonnant, que dans un récit visant à annoncer la résurrection, on parle autant d’un symbole de mort…

Qu’ont-ils donc vu au tombeau ? Ce qu’ils ont aperçu nous est décrit avec précision : le tombeau ouvert, les linges posés à plat, le suaire roulé. Marie Madeleine y voit le vol du cadavre, et Pierre reste sans voix, ne sachant probablement que penser. Mais le disciple qui avait une conscience particulièrement aiguë d’être aimé de Jésus, voit dans ces éléments les signes de sa résurrection : il vit, et il crut. Marie aura besoin, pour croire, de s’entendre appeler par son nom. Pierre, comme la première lecture et la fin de l’évangile nous le laissent supposer, ne sera réellement convaincu que quand il verra Jésus manger et boire de la nourriture terrestre. Thomas, lui, aura besoin de toucher les marques de ses plaies.

Il y a un peu plus d’un an, ma meilleure amie est décédée. Les semaines qui suivirent furent lourdes et ténébreuses: sensation de tomber dans le vide, submergée de tristesse en pensant aux moments passés ensemble qui ne reviendraient plus… J’allais fleurir sa tombe, essayant de l’y retrouver, sans y parvenir. Peu à peu surgit le sentiment qu’elle n’était pas sous ce tas de terre. Bien sûr, je savais que son corps y avait été déposé, je l’avais vu de mes yeux, mais je ne sentais pas sa présence quand je considérais le petit tumulus. Ou plutôt, je la sentais présente, mais pas là. Impression étrange, inexprimable, que celle qui comptait tant pour moi ne pouvait tout simplement pas être réduite au néant. Deux mois après son décès, un événement survenu dans ma vie est venu confirmer ce que je sentais confusément au plus profond de moi-même : elle est vivante, tout près de moi, elle continue d’accompagner ma route comme elle l’a toujours fait, présence discrète mais bien réelle. Depuis ce jour, le besoin presque physique de me rendre au cimetière a disparu, je suis rendue à ma vie.

Seigneur, parfois nous avons peine à croire en la réalité de Ta présence, Vivant dans nos vies. Nous regardons mais ne voyons pas. Ouvre nos yeux en ce matin de Pâques, mets en nos cœurs la brûlante certitude de ta présence, afin que par toi, et avec toi, nous vivions nous aussi en ressuscités. Amen.

Annick SAUVAGE

Mars 2018: Évangile du dimanche 

 

Février 2018: Évangile du dimanche 4 février ( 5° TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : «Tout le monde te cherche.» Jésus leur dit : «Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile; car c’est pour cela que je suis sorti.» Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

Méditation

Ite, Missa est ! Ces trois petits mots, prononcés par le prêtre ou le diacre à la fin de la messe dans la liturgie latine, comment les comprenons-nous, que nous disent-ils ? ‘Allez, la Messe est dite, rentrez chez vous, il n’y a plus rien à voir – ni à faire ’…?

Aussitôt sortis de la synagogue, Jésus et ses disciples rentrent à la maison. On est en plein Sabbat : interdiction de travailler, et même de faire quoi que ce soit qui ne soit absolument nécessaire à la survie. Pourtant, à peine rentré, Jésus semble transgresser cet interdit, né d’une compréhension très rigoriste de la loi mosaïque, en guérissant la belle-mère de Simon. Un peu plus tard dans la même journée, c’est par dizaines qu’il guérira les nombreux malades venus jusqu’à lui, le Sabbat à peine terminé. Et dès le lendemain à la première heure, sa prière le presse d’aller annoncer la Bonne Nouvelle dans les villages voisins, où il fera également de nombreuses guérisons.

Nous sommes au tout début de l’Évangile de Marc, mais cette alternance de temps de prière et d’action concrète au cœur du monde, nous la retrouverons tout au long du récit: dans les quatre coins de la Palestine et même dans les territoires païens, Jésus ne se contente pas d’annoncer la Bonne Nouvelle, il joint le geste à la parole : sa prière se fait parole et gestes qui accueillent, qui libèrent, qui guérissent, qui relèvent, qui aiment.

À ceux qui un peu plus tard, séduits par son charisme, lui demanderont ce qu’ils doivent faire pour être ses disciples, Jésus répondra : ‘Renoncez à vous-mêmes et aux limites de vos conforts, prenez votre courage à deux mains et venez à ma suite, mettez-vous en route pour m’aider à soulager les souffrances des hommes, mes frères et vos frères’.

Ite, Missa est ! : ‘Allez, la Mission est devant vous, elle est à vous, mettez-vous au boulot, il y a du pain sur la planche !’ 

Annick SAUVAGE.

Janvier 2018: Évangile du dimanche 28 janvier ( 4° TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (1, 21-28)
Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Silence! Sors de cet homme.» L’esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri. Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. » Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.

Méditation

«Es-tu venu pour nous perdre?» Cette question tourne dans ma tête régulièrement lorsque je lis ce passage de l’évangile. Es-tu venu pour nous perdre? Lorsque j’étais plus jeune, il m’arrivait d’imaginer que certains avaient bien plus de chance que moi. Ils semblaient vivre sans foi ni loi et pouvaient ainsi agir à leur guise. Ce n’est que plus tard que je découvrirai que Jésus est le principal éducateur du genre humain. Il lui révèle, encore aujourd’hui à travers les écritures, à la fois sa liberté et sa dignité; il incite l’homme à mener une vie juste et charitable et le soutient constamment par sa grâce pour qu’il y parvienne. La liberté est le bien le plus précieux de l’homme. Dieu, je le sais aujourd’hui, la respecte, et mieux, nous encourage à la privilégier. Je ne parle pas ici de la liberté, synonyme de «laisser faire» mais de liberté au sens autonomie et respect de nos engagements librement consentis. Jésus dans son message nous invite à aller encore plus loin en proclamant le bonheur à ceux et à celles qui savent véritablement aimer. Il nous engage à choisir ce qu’il y a de meilleur pour nous.

Je vois dans la vie quelques moments importants où nos choix vont conditionner notre épanouissement et notre joie de vivre. S’ils sont faits en fonction de valeurs profondes et personnelles, ils seront sources de bonheur. Je pense par exemple aux jeunes qui doivent choisir entre les différentes voies qui se présentent à eux. Certains ne penseront qu’à opter pour des métiers qui rapportent, qui donnent des loisirs mais qui ne procureront pas nécessairement du bien-être. Pour être bien dans leur peau et s’épanouir, il leur faut tenir compte de leurs talents et tenter de les développer en devenant le meilleur d’eux-mêmes. Les parents et les professeurs ont la lourde tâche de les accompagner dans la découverte de leur personnalité. Un autre moment tout aussi important dans la vie, c’est le choix d’un compagnon ou d’une compagne de route. On a coutume de dire que l’amour est aveugle, la haine aussi d’ailleurs. La précipitation à laquelle on assiste parfois a de quoi étonner. Pourtant, là aussi, il faut choisir ce qu’il y a de meilleur, celui ou celle qu’on pourra rendre heureux. Tout notre bonheur vient de l’autre et de notre capacité de nous oublier parfois nous-mêmes. Jésus nous l’a rappelé: il n’y a pas de place pour l’égoïsme dans l’amour.

D’autres moments vont égrainer notre vie. En vieillissant, il nous faudra choisir d’avoir des enfants, choisir de les éduquer sans trop d’erreurs dans le respect et la dignité, ils sont enfants de Dieu. En vieillissant encore, il nous faudra choisir la façon dont nous allons … vieillir: aigri par la vie, défaitiste, abattu par la maladie, … ou persuadé qu’on va vers du meilleur et qu’au bout de la route, il y a un Dieu qui m’aime et qui m’accueille avec mes qualités et mes défauts. Dernièrement lors d’un séminaire de développement personnel, une participante m’a demandé comment il fallait être parent aujourd’hui. J’ai répondu qu’il fallait les aimer «vraiment». Puis je me suis ravisé, je n’avais pas de leçons à donner. Par la suite, je lui ai expliqué ce que j’aurais dû dire d’abord et qui donne un sens à ma vie: chaque fois que j ‘entre en contact avec un jeune, un malade, un couple en souffrance, la solitude d’un senior, … chaque fois j’essaie de dire à Dieu que j’ai besoin de lui. Je lui demande d’ouvrir mes yeux et mon cœur, qu’il me donne les mots et les gestes qui feront du bien. Et le bon Dieu le plus souvent fait son boulot. Parfois je me demande comment j’ai pu dire certaines choses, poser certains gestes. La raison est simple, si nous le voulons, c’est Dieu qui agit pour nous et par nous aux moments importants de la vie.

Alors à la question: «es-tu venu pour nous perdre?», je répondrai comme LESSING, dans son ouvrage «l’éducation du genre humain» écrit en 1780, que la perfection n’a jamais existé à l’origine mais qu’elle advient progressivement par l’exercice de la raison et que les bienfaits de l’éducation conduiront un jour à réaliser la promesse divine d’un âge d’or.

Prière

Seigneur Dieu, à tout homme prisonnier de lui-même, tu donnes ta parole libératrice. Tu nous appelles à être libres, à devenir des femmes et des hommes reflétant l’image et l’esprit de Jésus-Christ. Donne-nous la force qui a fait vivre ton Fils, donne-nous l’espace qu’il a ouvert, rends-nous réceptifs et libres, nous saurons qui tu es et nous vivrons alors avec toi dans ce monde.

Jean-Claude SIMON.

Décembre 2017: Évangile du dimanche 1° décembre ( 1° Avent)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (13, 33-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Prenez garde, restez éveillés: car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage: en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous: Veillez ! »

Méditation

Longtemps, j’ai ressenti ce passage d’évangile, et plusieurs autres, comme une menace, avec peur. Je comprenais: ‘Attention, si tu n’es pas en ordre au jour du grand retour de Jésus, tu iras en enfer; sois donc attentive à chaque instant à rester sur le droit chemin, sinon…’

Quand on attend un événement menaçant perçu comme inévitable, on a tendance à faire l’autruche: ne pas trop y penser pour ne pas déprimer, et puisque de toute façon, on n’y échappera pas, autant profiter de la vie tant qu’il y en a. Veiller semble alors bien peu utile…

Mais il y a une autre manière d’attendre. Quand j’étais enfant, j’attendais la venue de Saint Nicolas avec une impatience et une persévérance de tous les instants: dès que les premiers catalogues de jouets faisaient leur apparition dans les boîtes aux lettres, je passais chaque jour beaucoup de temps à les tourner et retourner dans tous les sens, à découper les cadeaux qui me faisaient rêver, à essayer différentes combinaisons pour arriver à en mettre le plus possible sur ma lettre sans dépasser le montant maximum fixé par maman, et pas un soir, je n’oubliais de déposer mes pantoufles bien rangées au pied de mon lit pour que le Grand Saint y dépose les friandises annonciatrices de sa venue prochaine. Et quand il venait à l’école ou au Palace, nous chantions à tue-tête, encore et encore, jusqu’à ce qu’il apparaisse enfin. De même, les jours de ‘Fête à GLONS’, il nous fallait attendre, pour aller sur les carrousels, que maman ait terminé la vaisselle du dîner, et comme le temps nous semblait long alors ! Nous restions debout près de la fenêtre, guettant tous les signes indiquant que les manèges commençaient à ouvrir (premiers flonflons à peine perceptibles à nos oreilles tendues, copains plus rapides se dirigeant déjà vers le centre du village…), et trépignions d’impatience devant cette vaisselle qui ne finissait pas assez vite à notre goût.

Retrouvons notre âme d’enfant pour vivre le temps de l’Avent avec la même ferveur attentive: ce temps est celui de l’attente de Noël, moment où, en Jésus, Dieu vient à notre rencontre pour s’unir à nous et nous unir à Lui, en des noces de bonheur éternel. On comprend alors l’importance de veiller, d’être attentifs à tous les signes de Sa Présence, pour ne pas louper cette merveilleuse rencontre qui est possible à chaque instant, dans l’Aujourd’hui de nos vies, si nous savons le reconnaître et l’accueillir.

John Henry NEWMAN a de très beaux mots pour décrire cette attente:
« Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami, d’attendre qu’il vienne, et de le voir tarder ? Savez-vous ce que c’est que de désirer que le temps passe en attendant la venue de quelqu’un qui vous fait battre le cœur ? Savez-vous ce que c’est d’avoir un ami au loin, d’attendre de ses nouvelles, de vous demander, jour après jour, ce qu’il fait en ce moment, et s’il se porte bien… Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là ».

Bonne entrée en Avent à toutes et à tous !

Annick SAUVAGE.

Novembre 2017: Évangile du dimanche 5 novembre ( 31ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (23, 1-12)

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Méditation

Sommes-nous de ceux qui pensent qu’être chrétien, c’est suivre un catalogue de bonne conduite ? Sommes-nous de ceux qui pensent que notre présence à la messe dominicale et que les quelques dons que nous faisons aux collectes font de nous un «bon chrétien». L’évangile de ce dimanche nous ouvre un autre chemin.

«S’abaisser», c’est vivre pleinement notre condition humaine avec ses échecs et ses paradoxes, avec la santé et puis aussi la maladie… et ce malgré nos conquêtes scientifiques et nos désirs de mieux-être. Au travers de cette page d’évangile le Christ initie une nouvelle voie spirituelle fondée sur l’humilité et le service. Il transmet un enseignement éthique à portée universelle : éviter l’arrogance, faire ce que l’on dit faire, égale dignité de tous les êtres humains, justice et partage.

Certes ce n’est pas facile d’avancer dans la société telle qu’elle est, pas facile de participer en silence à l’inhumain qui s’étale sous nos yeux, pas facile de s’écarter des idées dominantes de réussites sociales. Prétendre vivre en humble chrétien n’est qu’utopie ou illusion si nous n’agissons pas selon nos valeurs. Dès que les circonstances s’y prêtent, tâchons de rebondir. Donnons moins d’importance à l’argent, risquons davantage, soyons joyeux, laissons la place qui revient à notre prochain. Le Christ ne nous demande pas de nous «absenter» du monde ni de nous contenter de regarder la caravane qui passe avec tristesse, mais bien d’être présent autrement. Le bonheur du chrétien n’est pas dans le bonheur tel qu’on l’entend habituellement. Il est dans l’incessante marche à la recherche du Christ dans nos vies. Alors sortons, vivons tant que nous sommes encore vivants, mettons nos pensées en actes et abaissons-nous au service car nous n’en serons que plus élevés.

Prière

Dieu éternel, ton nom et ton empreinte, nous tâchons de les porter au plus profond de nous-mêmes. Nous t’en prions, rends-nous serviables sans nous imposer pour que nous puissions aider les autres sans les humilier. Rends-nous dévoués à la terre, à tout ce qui est petit, insignifiant, pour que nous puissions prendre à cœur, ce que personne ne perçoit parfois. Apprends-nous à attendre, à écouter et à nous taire quand c’est nécessaire. Rends-nous petits et suffisamment pauvres pour que nous acceptions nous-mêmes d’être parfois aidés par les autres. Renvoie-nous chercher dans ce monde la nourriture de ta parole, la force de ton nom. Permets-nous de ne pas rester en arrière, anxieux et à l’écart mais revêtus de notre habit de service, de voir les nouvelles possibilités que tu nous donnes pour être homme et femme sans préjugé en ce moment de notre histoire actuelle.

Jean-Claude SIMON.

Octobre 2017: Évangile du dimanche 1er octobre ( 26ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (21, 28-32)

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

Méditation

Dans la religion juive, les grands prêtres et les anciens sont traditionnellement les garants du respect de la loi, les modèles qui se donnent en exemple au peuple, et que tous devraient pouvoir imiter. Mais cette loi, ils l’ont peu à peu dénaturée, s’attachant plus au respect des pratiques cultuelles, des manifestations extérieures de piété, qu’à son cœur, qui est chemin d’Amour et de Vie. Sous prétexte de faire appliquer la loi, ils condamnent et excluent toutes les personnes qui les dérangent, les mettent mal à l’aise, les obligent à remettre en question leur vision des choses, ou font obstacle à leur confort et leur suprématie.

Tout au long de sa vie publique, Jésus s’est confronté à cette vision faussée qui considère les apparences plutôt que le cœur de l’homme. Chaque fois, il s’est attaché inlassablement à remettre au centre, clairement et fermement, l’impératif premier duquel découlent tous les autres : aimer Dieu et le prochain. Ce faisant, il dérange les autorités : les chefs des prêtres et les anciens essaient par tous les moyens de le prendre en défaut, afin d’éliminer ‘proprement’ ce ‘fauteur de trouble’ qui les empêche de régner tranquillement. Mais ils n’y parviennent pas, comme le montre le passage précédant directement cette parabole. C’est alors que Jésus donne à leur réflexion l’histoire des deux fils, les comparant à celui qui dit vouloir faire la volonté du Père, mais dont les actes ne correspondent pas aux paroles. Et on verra quelques chapitres plus loin que ça les mènera à prendre une décision diamétralement opposée à la loi qu’ils prétendent défendre : ordonner la mise à mort d’un homme innocent.

Jésus, aujourd’hui encore, vient nous interpeller : sommes-nous de ceux qui font résonner de belles promesses mais passent difficilement à l’action, ou de ceux qui n’hésitent pas à retrousser leurs manches, parfois dans l’ombre et hors des structures de l’Église, pour faire grandir l’humanité en faisant régner plus de justice et de fraternité ?

Ce qui m’émerveille, c’est l’Amour du Père pour tous ses enfants : son Amour est aussi fort pour celui qui dit ‘oui, oui’ mais n’agit pas, que pour celui qui traîne les pieds mais qui y va quand-même. Il tend à chacun ses bras grands ouverts. La différence n’est pas dans l’amour de Dieu pour nous, mais dans la joie qui règne en nous quand nous marchons sur le chemin d’Amour et de Vie qu’Il nous offre.

Seigneur, Ton plus grand désir est que tous les hommes soient heureux. Merci de nous interpeller sans cesse pour nous ouvrir les yeux, et de nous faire Don de Ton Esprit. Aide-nous à l’accueillir, afin que nous puissions marcher avec Toi sur le chemin qui donne la Vie en plénitude.

Annick SAUVAGE.

Septembre 2017: Évangile du dimanche  ()

 

Été 2017: Évangile du dimanche  ()

 

Juin 2017: Évangile du dimanche 4 juin (Pentecôte)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (20, 19-23)

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

Réflexion

Pour beaucoup d’entre nous, Pentecôte n’évoquera encore qu’un weekend prolongé. Si le soleil est au rendez-vous, ce sera peut- être barbecue ou longs déplacements, en avion ou en voiture. Quelques privilégiés feront partir leur bateau du port. Le navigateur manœuvrera la voilure et le gouvernail, mais il devra compter sur le vent pour le faire avancer. Les actes des apôtres en 1ère lecture et l’Évangile de Jean utilisent l’image du vent, du souffle qui, en ce jour de Pentecôte, symbolise la présence de l’Esprit de Dieu, aujourd’hui encore, au milieu des hommes et des femmes de toutes races et de toutes conditions. Luc, pour parler de l’église naissante au jour de Pentecôte, évoque également le souffle de l’Esprit, le vent de Dieu. Le Pape François appelle aujourd’hui les pasteurs de l’Église à mettre leurs pas dans ceux du Christ: «Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui, c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles (…) L’Église s’est parfois laissé enfermer dans des petites choses, des petits préceptes. Le plus important est la première annonce : «Jésus-Christ t’a sauvé». Dans la continuité des prophètes juifs qui l’ont pré- cédé, Jésus entend rappeler l’Esprit de la loi divine prise trop souvent à la lettre alors qu’elle est là pour épanouir, faire grandir, non pour condamner ou écraser. L’Évangile fourmille d’exemples qui montrent comment Jésus redresse, sauve, élève sans jamais juger, sans jamais infliger de leçon de morale, sans même tenter de convertir. Ceux qui l’entendent se sentent avant tout aimés, reconnus, ils sont touchés! C’est parce qu’ils s’entendent dire pardonnés, qu’ils recouvrent l’estime d’eux-mêmes. C’est parce que Jésus leur a révélé leur part lumineuse, c’est parce qu’il leur montre qu’ils sont dignes d’être aimés, qu’ils ont envie de devenir meilleurs et qu’ils modifient leur comportement. C’est l’Esprit Saint qui fait surgir de nouveaux désirs chez ceux que Jésus croise aujourd’hui encore et dont la vie est déréglée, immorale, vide de sens. «L’Esprit se joint à notre esprit» dit saint Paul, ce qui signifie qu’il éclaire notre intelligence, fortifie notre volonté, brûle dans notre cœur. Sans l’Esprit, Jésus ne serait qu’un personnage historique lointain. C’est l’Esprit qui actualise la présence du Christ vivant dans son Église. Jésus, dans ses discours d’adieu, nous annonce qu’il nous enverra l’Esprit Saint afin que nous puissions mettre nos pas à sa suite. À la suite des Apôtres, le jour de la Pentecôte, aujourd’hui peut être plus que jamais, nous sommes invités à nous mettre davantage à l’écoute de l’Esprit Saint et de placer au-dessus de tout l’amour du prochain en vue de l’édification d’une fraternité universelle.

Prière

Voici le jour, Seigneur Dieu, où nous commémorons ton souffle donné à ce monde, où tu proposes un feu d’amour en chaque femme et en chaque homme de bonne volonté. Voici le jour où nous sommes convoqués pour être ton église toujours naissante. Nous te remercions avec les paroles que tu as semées en nous. Voici le jour où par la force de l’Esprit Saint et pleins de joie, nous t’appelons notre Père. Nous te prions, Seigneur Dieu, puissions-nous, conduits par cet Esprit, chercher la Vérité, respecter ta Parole et trouver Jésus, ton serviteur, ton Fils et notre Voie.

Jean-Claude SIMON.

Mai 2017: Évangile du dimanche 14 mai (5ème de Pâques)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (14, 1-12)

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c’est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres œuvres. Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des œuvres. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père. »

Méditation

« Où vas-tu ? » « Quel est le chemin ? » « Montre-nous le Père»…

Pierre, Thomas, Philippe, et vous, tous les autres, vous tous mes amis, mes frères, pourquoi cherchez-vous midi à quatorze heures ? Pourquoi cherchez-vous ailleurs ce qui est là, devant vos yeux ? Pourquoi cette inquiétude fébrile et cette recherche stérile d’un ailleurs, d’un plus tard, d’un ‘quelqu’un d’autre’, qui empêchent de vivre le Présent, qui vous empêchent de Vivre? Pourquoi ne pas accueillir simplement le trésor merveilleux qui vous est offert au cœur même de votre vie, ici et maintenant ?

Ouvrez les yeux, regardez et voyez : le chemin parcouru ensemble, riche de tous ces gestes de soutien, de toutes ces paroles de réconfort, de tous ces moments de joie pure et de louange, n’est-il pas là en vous, bien présent, concret, tangible ? Et n’est-ce pas lui qui vous donne le goût de vivre, qui fait de vous des vivants ?

Moi, je ne suis rien d’autre qu’Amour. Mon origine et ma destination, ma Vie, c’est le Père, qui est perfection, plénitude d’Amour. Le chemin qui y conduit, c’est aimer.

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, et pour me suivre, vous savez comment faire, je vous l’ai dit, je vous l’ai montré : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, ne me cherchez pas ailleurs, ne cherchez pas le Père ailleurs, ne cherchez pas la Vérité ailleurs, vous seriez dans l’illusion. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, marchez sur ce chemin. Le Père et moi, nous marcherons avec vous, nous ferons notre demeure en vous. En rompant votre pain pour le partager, vous nous reconnaîtrez, et votre cœur sera brûlant d’amour, et alors vous saurez que vous êtes déjà dans le Royaume des Cieux.

Seigneur, aide-moi à marcher toujours mieux, toujours plus vrai, sur ce chemin de ma vie dans Ta Vie…

Annick Sauvage.

Avril 2017: Évangile du dimanche 9 avril (Rameaux)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (26, 14-27,66)

Quelques jours avant la fête de la Pâque, Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent à Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples: «Allez au village qui est en face de vous; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle.  Détachez-les et amenez-les-moi.  Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez: ‘Le Seigneur en a besoin, mais il les renverra aussitôt.’».
Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient: «Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!  Hosanna au plus haut des cieux!»
Comme Jésus entrait à Jérusalem, l’agitation gagna toute la ville; on se demandait: «Qui est cet homme?» Et les foules répondaient: «C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée».

Méditation

La fête des Rameaux inaugure la semaine sainte et précède la fête de Pâques.  Elle constitue un des temps forts de l’année liturgique, car elle permet aux chrétiens de revivre les derniers moments de la vie du Christ, son entrée triomphale à Jérusalem jusqu’à la Crucifixion.  La foule acclame Jésus au terme d’ «Hosanna».  Cela signifie en hébreu «Sauve-nous maintenant» ou «Sauve, nous t’en prions». Nous savons comment 5 jours plus tard la même foule le fera sortir de Jérusalem sous les injures avant de le mettre en croix.

La passion ne pourrait être qu’un fait divers.  Jésus victime d’une injustice coloniale expéditive, comme tant d’hommes et de femmes aujourd’hui encore pris dans des combats ou des incompréhensions, éliminés avant même de savoir vraiment ce qui leur arrive.

La raison fondamentale pour laquelle Jésus doit mourir renvoie à une incompréhension de la mission du Messie.  Toute société, juive ou non, fondée sur l’argent, la puissance et la loi, le condamnerait encore aujourd’hui.  Jésus, quant à lui, met les femmes et les hommes à la première place, en leur subordonnant l’économique et le politique.  Or, la société considère trop souvent les individus comme étant un moyen.  Jésus, lui, révèle que Dieu est amour et qu’il refuse d’exercer sa puissance en raison même de l’amour qu’il porte à sa créature.  Comme tous les peuples de l’antiquité, les juifs croyaient en une divinité puissante et guerrière qui dirige et protège leur peuple.  C’est ainsi que se développe la croyance selon laquelle Dieu enverra un messie, sorte de roi pour libérer son peuple.  Et le voilà, sûr, c’est bien lui, qui entre dans Jérusalem, sous les acclamations !  Or Jésus, qui reconnaît être le messie ne veut pas d’un messie guerrier mais d’un messie « crucifié ».  Car il prône une sagesse d’amour qui change du tout au tout le visage traditionnel d’un Dieu inspirant la crainte et contredit l’instinct le plus universellement répandu : celui qui consiste à s’affirmer en dominant l’autre.  Jésus avait fait surgir de nouveaux désirs dans le cœur de ceux qu’il croisait et dont la vie était déréglée, immorale, vide de sens.  C’est ainsi qu’il veut sauver son peuple, transformant la tristesse en joie, l’angoisse en confiance, la mort en vie.  S’étant comporté selon ses convictions, il s’humilia plus encore en obéissant jusqu’à la mort sur une croix.

À l’image du Christ, il nous faut oser renoncer au pouvoir qui obsède et qui aveugle et accepter d’exercer l’autorité qui sert et accompagne.  Témoigner que Dieu n’est pas un juge, mais un libérateur -hosanna- que l’amour qui redresse est plus important que la loi qui condamne, que le chemin de croix du Christ jusqu’à sa Pâque est un message de vie qui humanise, aujourd’hui encore.

Prière

En cette fête des Rameaux, prions pour ceux qui, parmi nous, sont faibles et sans défense ; pour que la jeune génération trouve le bonheur en cherchant à se libérer de la «servitude » matérielle par un patient travail sur soi.
Prions pour que nous ne les scandalisions pas, ne leur apprenions pas la haine, mais les introduisions dans la vérité ; pour que nous ayons le courage de nous lever pour défendre ce qui est vulnérable, incertain, inachevé.

Jean-Claude Simon.

Mars 2017: Évangile du dimanche 12 Mars (2ème de Carême)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (17, 1-9)

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus: «Seigneur, il est heureux que nous soyons ici! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.» Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre; et, de la nuée, une voix disait: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour; écoutez-le! » Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d’une grande frayeur. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit: «Relevez-vous et n’ayez pas peur!» Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre: «Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.»

Méditation

Et revoici le temps du Carême. Temps précieux pour nous Chrétiens, où comme chaque année, Jésus nous invite à le suivre, et nous emmène à l’écart. Quarante jours pour gravir à sa suite une montagne si haute qu’elle nous oblige à laisser en bas nos sacs trop lourds, nos trousses de maquillage, nos réserves de dix-heures pour les petites faims, nos guides touristiques et cartes d’orientation, notre appareil photo… Si haute et si abrupte qu’à certains endroits, on serait tentés de faire demi-tour, et qu’on a bien besoin d’être à plusieurs, de se soutenir, de se tirer, de se pousser, de s’encourager «ho…hisse ! » Si haute, qu’on n’en voit pas le sommet, et qu’on pourrait s’y perdre, s’il n’y avait quelqu’un qui nous précède et nous ouvre le chemin. Mais arrivés en haut, Seigneur, quelle joie ! Non seulement le paysage, la vue est magnifique, mais au bout de ce chemin parcouru ensemble, où il faudra persévérer, tenir, s’entraider, on fait la plus belle des découvertes. On se découvre soi-même – et on découvre les autres – capables de s’oublier, de se donner, capables de solidarité et de partage, là où on pensait être de fiers égoïstes. Capables de compréhension et de pardon, nous qui étions habitués à juger un peu vite et à condamner les moindres défaillances. Alors arrivés au sommet, nous sentirons monter en nous la louange, et devenus capables de prière, nous nous regarderons, émerveillés de nous découvrir transfigurés, de découvrir nos vrais visages, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Seigneur, pendant ce temps de montée vers Pâques, aide-nous à retrouver notre vraie face de Carême, un visage rayonnant de nous sentir si proches de toi, de te savoir si proche de nous. Et forts de cette expérience, forts de cette espérance, aide-nous à repartir vers tous nos frères, sans rien leur en dire peut-être, mais en gardant notre visage transfiguré, nos yeux pleins d’étincelles et de sourire, pour leur porter la joie qui nous habite et la leur communiquer, simplement. Alors, la lumière de Pâque ne sera plus jamais loin.

Annick SAUVAGE.

Février 2017: Évangile du dimanche 5 Février (5ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (5, 13-16)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: «Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur? Il ne vaut plus rien: on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes: alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux».

Méditation

Riche en images, l’Évangile de ce dimanche nous rappelle que se prétendre disciple nous oblige à quelques exigences. Pour nous le rappeler, Jésus choisit deux images empruntées à la vie quotidienne. Il nous parle de sel et fait remarquer que s’il se dénature comment pourrait-t-il redevenir du sel. Il n’est plus bon à rien et risque d’être jeté. Et à propos de la lumière, si nous en sommes submergés aujourd’hui, il n’est pas moins vrai que nous en manquons parfois pour éclairer notre route et celle de ceux qui nous entourent. Ces paroles pourraient, au premier abord, être prises comme des compliments faits par Jésus à ceux qui le suivent, donc à nous, chrétiens. Mais il n’en est rien car il s’agit plutôt d’une invitation qu’il nous adresse tous les jours de notre existence: «soyez le sel de la terre et la lumière du monde ». Une invitation qui prend encore aujourd’hui des allures d’envoi en mission au cœur de notre monde, à commencer sous notre propre toit. Nous sommes appelés à éclairer les ténèbres, à donner le «goût» de Dieu et Dieu sait si le projet est vaste aujourd’hui, comme il l’a toujours été d’ailleurs. Quand des femmes et des hommes, autour de nous, «broient du noir» et cherchent un sens à la vie, nous sommes invités à être sel et lumière pour réveiller en eux l’espérance qui meurt. Et comment répondre à cette invitation ? Le prophète Isaïe ne peut être plus clair: «Si tu fais disparaître de ton pays, le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi ».

Prière

Seigneur Dieu, ce que tu as semé en nous, tu le moissonneras. Tout ce que tu es venu apporter à ce monde, tu l’accompliras, c’est ce que nous croyons. Tu nous appelles à être le sel et la lumière du monde dans lequel nous vivons. Parole qui demande une réponse. Ouvre notre bouche et emplis notre cœur de paroles bienveillantes pour les autres. Aide-nous à partager notre pain avec celui qui a faim, encourage-nous à recueillir ceux qui sont sans abri et à couvrir d’habits ceux qui ont froid. Apprends-nous à ne pas nous dérober à nos semblables. Que ton existence et ton amour puissent alors devenir visibles en nous et que nous puissions ainsi être reconnus comme étant de tes disciples.

Jean-Claude SIMON

Janvier 2017: Évangile du dimanche 1er Janvier (Marie, Mère de Dieu)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (2, 16-21)

Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

Méditation

Que dire… ?
Le temps est à la fête, et j’ai à écrire un message d’espérance.
Mais ma meilleure amie, ma confidente, ma ‘grande sœur’ vient de mourir. J’ai l’impression que mon univers s’écroule, et resurgit la question du sens…
Pourtant, avec le mois qui commence s’ouvre un horizon nouveau : dans quelques semaines un petit enfant va venir agrandir la famille, mon fils va devenir papa, le fruit de mes entrailles est sur le point d’accueillir le don d’un bonheur, une bénédiction…
Comment concilier, réconcilier en moi ces deux réalités : d’un côté l’immense tristesse du départ de celle qui pendant de nombreuses années fut par sa présence indéfectible mon soutien dans les joies et les peines de la vie, et de l’autre la joie non moins immense de la naissance à venir ?
Comment, surtout, acquiescer à la Vie, Don d’Amour de Dieu, tout en percevant ce qu’elle peut réserver de souffrances, et d’apparentes incohérences ?
Un enfant vient de naître. Les bergers, tout heureux, glorifient Dieu pour ce Don de Vie, dont les anges leur ont annoncé qu’il sauvera le monde. Et tout le monde s’étonne de cette info pour le moins surprenante : comment un petit enfant, pauvre et sans défense, pourrait -il sauver le monde ?
Toi, Marie, tu retiens tous ces événements, et les médites dans ton cœur.
Dès le commencement tu as dit oui, même quand tu ne comprenais pas, même quand c’était dur, même quand il a fallu, à peine devenue mère, laisser partir ton enfant, même quand tout semblait perdu, tu as gardé fidèlement ta confiance, et tu as dit oui.
Sans ton oui, Marie, Jésus n’aurait pas pu naître. C’est grâce à ton oui, à ta confiance totale, que l’enfant-Dieu a pu prendre vie en toi. C’est grâce à ton oui qu’il a pu naître à Bethléem. Grâce à ton oui aussi qu’il pourra grandir, se donner au monde. Grâce à ton oui que sa mort sur la Croix a pu montrer aux hommes de quel amour immense ils sont aimés de Dieu. Et ta maternité offerte s’est étendue au monde.
Dans toute vie, il y a des joies et des souffrances, et dans toute vie, des doutes et des questions sans réponses. Qu’il est difficile alors de faire confiance, d’encore espérer. Mais nous t’avons, Marie, Jésus t’offre à nous pour être notre guide par ton exemple. Toi, Marie, qui as toujours su laisser Dieu être Dieu en toi, Mère de Dieu et notre Mère, aide-nous à acquiescer à ce qui advient, à redire toujours oui à la Vie, oui à l’Amour. Aide-nous à accueillir aujourd’hui, dans la confiance, l’imprévu de Dieu, à le laisser germer et naître en nous et comme toi, à le donner au monde.

Annick SAUVAGE.

Décembre 2016: Évangile du dimanche 11 décembre (3ème Avent)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (11, 2-11)

Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »
Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?… Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
« Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. »

Méditation

Est-il possible de se tromper de messie? Les disciples de Jean le Baptiste doutent. « Es-tu vraiment celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Par son comportement, très différent de celui du Baptiste, Jésus inquiète. Qui est-il ? Est-il digne de confiance? Comment savoir que c’est bien lui ?

Faisant écho à la voix des grands prophètes d’Israël, Jean annonçait le Règne de Dieu comme une réalité imminente. Il le voyait venir comme l’orage, il entendait gronder la colère de Dieu. Il exhortait les foules à se préparer à l’événement qui allait s’abattre sur le monde. La prédiction de Jean fait trembler tout un peuple dont la grande espérance messianique, jamais éteinte totalement au fond des cœurs, ne demandait qu’à se rallumer. On accourait de partout vers le Baptiste. Sa réputation s’étendait jusqu’aux petits villages de Galilée. Jésus, lui aussi, se mit en route et alla demander à être baptisé. C’est peut-être à cet instant que tout le dessein divin lui est manifesté. Au moment où Jésus expérimente en plénitude sa filiation divine, il s’ouvre à la passion amoureuse de Dieu pour l’homme; c’est un Dieu de tendresse et d’amour. Sa mission lui est dorénavant dictée par son expérience profonde, par l’émotion unique que fait naître en lui la parole de son baptême. Il veut révéler aux hommes la proximité de Dieu. Le choix de Jésus est clair. Il sera sans détour et sans retour. Il lui tarde d’aller vers les hommes, tous les hommes, mangeant et buvant avec eux. Il ne sera pas, comme Jean, un héros de la solitude. Certes, il aimera toujours se retirer dans des lieux déserts pour y prier, pour entendre la voix du Père et se retrouver dans son être profond. Se recentrer sur lui même, comme on dit aujourd’hui. Mais sa prière le poussera toujours vers les foules devenant de plus en plus nombreuses. Il ira vers elles, il n’attendra pas, il se mêlera aux hommes et aux femmes, il sera le signe vivant que Dieu est prêt, que Dieu est avec nous dans ce que nous vivons au quotidien. « L’Esprit de Dieu est sur moi, dira-t-il, Il m’a envoyé annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, promettre la délivrance aux prisonniers, la lumière aux aveugles, la liberté aux opprimés ». Voilà un discours qui tranche avec tout ce qu’on a déjà entendu. Jésus inquiète jusqu’à Jean emprisonné qui lui fait demander : « Es-tu celui qu’on attend ? ». Pour toute réponse, Jésus propose que les disciples de Jean aillent lui dire ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent sans rater l’occasion de glorifier celui qu’il estime, plus qu’un prophète, un messager pour préparer le chemin.

Prière

Seigneur, tu n’apparais pas revêtu de puissance et de majesté. Malgré nos objections et nos rêves, tu nous as paru impuissant et insensé en Jésus, ton fils, créant notre désarroi comme celui de Jean-Baptiste. Aujourd’hui encore tu viens vers nous, mais tes chemins ne sont pas toujours nos chemins et ta conception de la justice n’est pas toujours la nôtre, ou si peu parfois. Tu n’es ni inaccessible ni au-dessus de tout, tu chemines avec tous les hommes, sur toutes les routes. Tu sembles si discret mais si nutritif et aussi indispensable que du pain. En ce temps de l’Avent qui nous prépare à ta venue, nous espérons pouvoir te reconnaître en toute femme, en tout homme, en tout pain partagé. Donne-nous des yeux nouveaux, des oreilles nouvelles pour que, comme les disciples de Jean, nous puissions voir et entendre les œuvres de ta présence. Ravive en nous la force de croire et d’espérer aujourd’hui et tous les jours du reste de notre vie.

Jean-Claude SIMON

Novembre 2016: Évangile du dimanche 20 novembre (Christ Roi)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (23, 35-43)

On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder.
Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui. S’approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient: «Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même!» Une inscription était placée au-dessus de sa tête: «Celui-ci est le roi des Juifs.» L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait: «N’es-tu pas le Messie? Sauve-toi toi-même, et nous avec! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches: «Tu n’as donc aucune crainte de Dieu! Tu es pourtant un condamné, toi aussi!  Et puis, pour nous, c’est juste: après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal.» Et il disait: «Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne.» Jésus lui répondit: «Amen, je te le déclare: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Méditation

Certains te suivent depuis le début, tu les avais appelés et leur avais confié mission. D’autres t’ont rejoint en cours de chemin, relevés et remis en route par la formidable force de vie qui émane de toi, il faut dire que tu n’as pas ton pareil pour rassembler les foules. Les uns souhaitent et revendiquent comme un dû des postes à responsabilité dans les plus hautes sphères du Royaume que tu annonces, les autres espèrent plus simplement pouvoir y vivre tranquillement, mais tous pensaient que tu allais révolutionner le monde, renverser le pouvoir en place, renvoyer chez eux ces maudits Romains et restaurer la grande dynastie du roi David, pour que le peuple juif connaisse enfin, et définitivement, la prospérité et la paix de la promesse. C’est vrai que tu n’as pas ton pareil pour soulever les foules, pour les mettre en marche, et pour chasser les démons.

On vient de te crucifier, et le peuple reste là à regarder.

Ils regardent le symbole de leurs espoirs, le corps couvert des innombrables marques de la flagellation, les mains et les pieds transpercés d’horribles clous, le visage déformé par la fatigue et la douleur, tout en sang et en sueur, suspendu au bois de la croix, avec cette ridicule couronne d’épines sur la tête, et ce non moins ridicule panneau renseignant ton titre de roi. Leurs rêves sont évanouis, disparus en fumée. Tout est foutu.

Jubilation de ceux qui n’ont jamais cru en toi. Quolibets, moqueries.
Déception amère de ceux qui n’ont rien compris. Haussements d’épaules, injures.
Tristesse et impuissance de ceux qui t’aiment. Silence.

Et puis il y a ce vaurien, sorti de nulle part, qui lance cette parole inouïe, impensable d’espérance : ‘Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne

Et ta réponse, promesse improbable, qui aurait aussi pu être cette parole, si souvent prononcée en d’autres occasions : ‘Ta foi t’a sauvé

Aujourd’hui, les mêmes possibilités s’offrent à nous devant un crucifix : le considérer avec ironie ou agressivité, s’en détourner avec gêne ou indifférence, ou bien le contempler avec un regard de foi et se (re)mettre en marche vers et pour la vie, forts de la mémoire de cette promesse : ‘Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis’.

Seigneur, quand les épreuves me clouent moi aussi au bois de la croix, si j’oublie que tu es à mes côtés et si mon espérance vacille, souviens-toi de moi, et aide-moi à me souvenir de toi.

Annick Sauvage.

Octobre 2016: Évangile du dimanche 9 octobre (28ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (17, 11-19)

Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : «Jésus, maître, prends pitié de nous.» En les voyant, Jésus leur dit : «Allez vous montrer aux prêtres.» En cours de route, ils furent purifiés. L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n’ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n’y a que cet étranger ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Méditation

Dix malheureux rongés par la lèpre ont appelé à grands cris la pitié de Jésus. Jésus les exauce et les guérit. Ils sont rendus à la société d’où leur mal les avait exclus. Un seul prend la peine de revenir sur ses pas et remercie le Seigneur. Comme Jésus, nous pourrions nous étonner : « où sont donc les neuf autres ? ».

Nous pourrions aussi, et pour la Xème fois, nous insurger contre le manque de reconnaissance des 9 lépreux qui, guéris, ne viennent même pas remercier Jésus pour tant de bonté. Ne sont-ils pas à notre image : nous demandons beaucoup mais, quand il s’agit de remercier, c’est une autre affaire. Pareil dans nos prières, nous serions bien étonnés s’il nous fallait faire le compte du nombre de prières de «demandes les plus diverses» et du nombre de prières de «remerciements» ou de simples actions de grâce. Mais ce n’est pas à propos de ces neuf-là que j’aimerais partager mes réflexions mais du dixième, celui qui a choisi la meilleure part, le seul à qui Jésus dit «relève-toi et va, ta foi t’a sauvé».

La leçon de cet évangile pose, aujourd’hui encore, la question de la spontanéité et du «marchandage» dans nos rapports humains, mais aussi avec Dieu. Il nous questionne sur le sens de la «vraie» prière.

N’avons-nous pas, nous aussi, un sens aigu de ce qui nous est dû ? Ce sont les enfants et les adolescents qui attendent tout de leurs parents, ce sont ces parents qui aimeraient que leurs enfants leur manifestent bien plus d’attention qu’ils n’ont été capables d’en offrir, ce sont ces époux si prévenants avec les visiteurs mais parfois si sinistres, désagréables, lorsqu’ils se retrouvent en tête-à-tête.

Dans nos relations quotidiennes avec les autres, qu’elles soient amicales ou professionnelles, comme nous aimons parfois rester au plan de la froide correction, comme nous aimons, à la suite d’un service rendu, nous persuader intérieurement : «après tout, c’est son métier …, il est payé, je l’ai payé, pour cela …, pas besoin de merci » !

C’est sans doute vrai mais, dans beaucoup de cas, la valeur personnelle, le sens du devoir, le talent et la compétence entrent en ligne de compte dans la réalisation d’une tâche, aussi minime soit-elle. Tout ce savoir-faire, mais aussi ce savoir-être, méritent bien souvent des remerciements.

Un jour, une personne m’avoua se sentir coupable de ne pouvoir rendre à ses amis la gentillesse et les attentions offertes quand il était malade. Il y a des moments où la vie nous donne, sous différentes formes et que nous ne pouvons pas toujours offrir la réciprocité. Quelle que soit la forme offerte par la vie pour répondre à nos besoins, soyons reconnaissants. Viendra le jour où nous aiderons quelqu’un d’autre. Nous ne lui offrirons peut-être pas une aide matérielle mais de notre temps, de notre compassion, de notre écoute. Apprenons à recevoir avec gratitude, comme le lépreux de l’évangile, apprenons à ne plus confondre recevoir et échange, que nous soyons le donneur ou celui qui reçoit.

Le Samaritain nous donne une leçon de dignité humaine. Il avait crié avec ses neuf autres compagnons : « Maître, aie pitié de nous » mais il est seul à manifester sa reconnaissance. C’est lui que nous essaierons d’imiter dans nos relations avec Dieu, avec les hommes et les femmes, à commencer avec ceux et celles qui vivent tout proches de nous.

Jean-Claude SIMON.

Septembre 2016: Évangile du dimanche 25 septembre (26ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (16, 19-31)

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens: « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : ‘Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.’ Le riche répliqua : ‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !’ Abraham lui dit : ‘Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.’ Abraham répondit : ‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.’ »

Méditation

Il y a tout juste un an, l’actualité nous donnait à voir le drame de la guerre vécu dans les pays du Moyen-Orient, obligeant des populations entières à prendre le dur chemin de l’exil. Face à l’afflux des migrants cherchant refuge en Europe, plusieurs attitudes se sont exprimées. Compassion devant la détresse et désir d’apporter son aide, de trouver des solutions acceptables, dans le respect de l’humanité et de la dignité de tous. Mais aussi peur et rejet, tentation du repli sur soi. Incompréhension. Violence. Ou bien l’indifférence – Je ne les connais pas, leurs problèmes ne me concernent pas…Le pauvre Lazare ne demande pas grand-chose au riche, seulement de pouvoir récolter ce qui tombe de sa table. Ça ne le priverait en rien. Mais le riche semble ne pas même s’apercevoir de la présence de Lazare. C’est comme si celui-ci n’existait pas. Et même au séjour des morts, alors que demander pardon aurait pu tout changer, il continue à ne considérer Lazare que comme un esclave, tout juste bon pour être mis à son service. Je suis chrétienne et je désire te suivre, Seigneur, toi qui me dis « Chaque fois que vous ne l’aurez pas fait à l’un d’entre eux, c’est à moi que vous ne l’aurez pas fait » Je vis confortablement, je mange à ma faim. Qu’est-ce que j’ai fait tout au long de cette année, concrètement, pour aider ceux qui n’ont pas la même chance? Trop peu…Seigneur, je te demande pardon pour ma tiédeur et ma frilosité, mon égoïsme et mon indifférence. Change mon cœur, aide-moi à regarder la réalité en face et à prendre mes responsabilités dans la construction d’un monde plus juste, où chaque homme puisse vivre dans la dignité.

Annick SAUVAGE.

Été 2016: Évangile du dimanche 24 juillet (17ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (11, 1-13)

Un jour, quelque part, Jésus était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda: «Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean Baptiste l’a appris à ses disciples». Il leur répondit: «Quand vous priez, dites: ‘Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour. Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous soumets pas à la tentation». Jésus leur dit encore: «Supposons que l’un de vous ait un ami, et aille le trouver en pleine nuit pour lui demander: Mon ami, prête-moi trois pains: un de mes amis arrive de voyage, et je n’ai rien à lui offrir. Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond: Ne viens pas me tourmenter! Maintenant, la porte est fermée; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner du pain, moi je vous l’affirme: même s’il ne se lève pas pour les donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Eh bien, moi, je vous dis: Demandez, vous obtiendrez; cherchez, vous trouverez; frappez, la porte vous sera ouverte. Celui qui demande reçoit; celui qui cherche trouve; et pour celui qui frappe, la porte s’ouvre. Quel père parmi vous donnerait un serpent à son fils qui lui demande un poisson? Ou un scorpion, quand il demande un œuf? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent?»

Méditation

Été, temps des vacances. Temps offert, tous s’accordent à le dire, comme une chance : « profites-en bien ! » – oui, mais comment… ? Des tas d’activités en tous genres nous sont proposées pour rentabiliser au maximum nos vacances, au point qu’elles ne sont plus toujours ce qu’elles devraient être : un temps de ressourcement, de respiration, de recréation. Pour cela, nous, Chrétiens, possédons un vrai trésor : la prière que Jésus nous a enseignée, le Notre Père.
Nous l’avons apprise par coeur au tout début de notre vie de Chrétiens, et depuis ce lointain temps de l’enfance, nous la récitons au cours de la messe, parfois un peu machinalement, sans vraiment faire attention aux mots que nous prononçons, puis la mettons souvent de côté jusqu’au dimanche suivant.
Jésus nous dit « Demandez, vous obtiendrez. Celui qui demande reçoit »
Alors, si nous profitions de ce temps des vacances pour redécouvrir la richesse et la beauté du Notre Père, pour réapprendre à le prier chaque jour comme Jésus dont nous sommes les disciples, nous recentrer sur l’essentiel et demander au Père ce qui est bon pour nous car il sait, lui, ce dont nous avons réellement besoin.
Si nous le lui demandons avec insistance, il nous donnera l’Esprit Saint en abondance, lui qui est la nourriture dont nous avons besoin chaque jour pour être capables d’aimer, de pardonner, de résister au mal, de vivre de la Vie Éternelle.

Annick SAUVAGE.

Juin 2016: Évangile du dimanche 5 juin (10ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (7, 11-17)

En ce temps-là, Jésus se rendit dans une ville appelée NAÏM. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme.

Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. »

Il s’approcha et toucha le cercueil; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa et se mit à parler.

Et Jésus le rendit à sa mère.

La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole sur Jésus se répandit dans la Judée entière et dans toute la région.

Méditation

Un jeune homme mort, et deux cortèges qui se croisent. Une femme, qui a déjà perdu son mari, perd à présent son fils unique, sa dernière raison de vivre. Elle n’est plus ni épouse, ni mère, elle ne voit plus de sens à sa vie et n’a plus que ses larmes. Une foule nombreuse l’accompagne, remplie d’une compassion impuissante, pleurant avec elle, quittant avec elle la ville, lieu de la vie, pour se rendre au cimetière, lieu de la mort.

Alors se produit la rencontre.

Un jeune homme approche, débordant de vie. Il sème la vie et la joie partout où il passe, d’ailleurs il arrive de CAPHARNAÜM, où il vient de remettre sur pieds l’esclave d’un centurion romain. Lui aussi est rempli de compassion, mais ça ne le paralyse pas, il prend les choses en mains, il ose toucher le cercueil, il ose une parole improbable : ‘Lève-toi !’.

Par ce contact, par cette parole, il rend vie à ce qui semble mort, il rend le fils à sa mère. Elle peut maintenant faire demi-tour et retourner à la ville, lieu de sa vie.

Une grande foule accompagne la femme vers le cimetière, et une grande foule suit Jésus, portée par la puissance de vie qu’il rayonne. Et moi, de quelle foule est-ce que je fais partie?

Nous connaissons tous des situations de mort, où tout semble perdu. Nous pouvons alors nous résigner et pleurer, ou bien faire confiance en la vie plus forte que la mort, prendre les choses à bras le corps, et nous relever.

Une anecdote vécue récemment : un travail important à rendre, des mois de boulot, l’échéance imminente, la finalisation à portée de mains, et puis l’accident, une bête erreur de manipulation, le document refermé sans sauvegarde, les modifications non enregistrées, la mise en page complètement chamboulée et le travail de plusieurs jours perdu, à deux heures à peine de l’échéance. « C’est foutu, on n’arrivera jamais à tout refaire en si peu de temps ». Et les larmes coulent, abondamment. Découragement, tentation de baisser les bras et de tout arrêter, à quoi bon… ? Mais on s’y est toutes mises, trois ordinateurs à la fois, des copiés-collés tous azimuts, les claviers qui crépitent et les cerveaux qui bouillonnent, et je vous jure que pour tenir le coup, il fallait y croire, qu’on réussirait !

Et on y est arrivées. Et les sourires ont chassé les larmes, et la vie a chassé la mort…

Merci, Seigneur, parce que quand les épreuves nous empêchent d’avancer, tu viens espérer en nous, et ta foi en la vie nous aide à nous relever, et à continuer le chemin.

Annick SAUVAGE.

Mai 2016: Évangile du dimanche 8 mai (7ème de Pâques)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (17, 20-26)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Méditation

En Dieu règne l’unité. Elle est au cœur de son projet lorsqu’il ordonne la création, et c’est elle qu’il veut reconstruire lorsqu’il vient sauver l’homme égaré loin de lui.

La dernière prière de Jésus vibre de cet ardent appel : Que tous, ils soient un … Qu’ils soient un en nous … Que leur unité soit parfaite. C’est pour cela qu’il livre sa vie, pour que nous acceptions de revenir à la source de toute unité, l’amour trinitaire. En vivant cette unité intérieure, il devient possible de faire grandir l’unité autour de nous.

Alors la gloire de Dieu se laisse voir. Depuis qu’elle s’est révélée sur la croix et s’est répandue sur le monde au matin de Pâques, plus rien ne peut l’arrêter. Elle transparaît sur le visage de ceux qui aiment de l’amour même de Dieu.

L’unité ne s’obtient pas à coup de serpe, en élaguant un peu vite nos différences. L’unité est un don que Dieu déploie en ceux qui se laissent travailler au souffle de son Esprit. Elle est le signe visible de sa présence en nous. Voici ce que le Père cherche à réaliser, faire sa demeure en chacun de nous pour que le monde voie ses œuvres et croie en son amour.

La prière de Jésus continue d’avoir toute sa pertinence et nous sommes appelés à la faire nôtre pour qu’elle devienne réalité en nous et rejaillisse sur nos communautés et dans le monde. Il est temps d’invoquer l’Esprit d’unité et de se mettre à son écoute. Il est temps de répondre au Christ, qui nous unit au Père, aujourd’hui et demain.

Source : Bénédicte DUCATEL (Dans la Revue Magnificat de mai 2010)

Avril 2016: Évangile du dimanche 17 avril (4ème de Pâques)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (10, 27-30)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Méditation

Ce qui m’émerveille, Seigneur, c’est la simplicité et la tranquille assurance avec lesquelles tu dis des choses extraordinaires, inouïes.

Nous savons très bien que tous, nous mourrons un jour, et toi tu affirmes calmement : ‘Je leur donne la vie éternelle, jamais elles ne périront’.

D’où te vient cette certitude ?

Il ne faut pas chercher bien loin, ça éclate de façon lumineuse dans la suite de tes paroles: toi, vrai homme, tu sais bien que, comme nous tous, tu mourras un jour, et que ce serait folie de prétendre, par tes seules forces d’homme, pouvoir assurer la vie éternelle à quiconque, à commencer par toi-même.

Mais toi, vrai Fils qui ne fais qu’UN avec le Père, qui le connais intimement et es connu et aimé de lui depuis toujours, tu sais que le Père EST éternellement, et tu as une confiance infinie en lui. Tu peux dire ‘Personne ne les arrachera de ma main’, non pas parce que ta main d’homme a une force particulière, mais parce qu’elle se tient avec confiance dans la main du Père : ‘Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père’. C’est aussi cette confiance absolue qui te permet de dire, à Gethsémani : ‘Abba, pas ce que je veux, mais ce que toi, tu veux’, et sur le bois de la Croix : ‘Père, entre tes mains, je remets mon esprit’

Ce qui m’émerveille, Seigneur, c’est ton immense confiance en ton Père, née de la certitude d’être connu et aimé de lui.

Parfois, ballottée par les épreuves de la vie, je me sens comme une brebis perdue, Seigneur, je ne sais plus trop que faire, qui croire, quelle décision prendre.

Alors je fais silence pour mieux entendre, au milieu de la cacophonie ambiante, ta voix qui murmure au fond de mon cœur, et j’écoute:

‘Aimez-vous les uns les autres’ ;
‘Ne jugez pas’ ;
‘Pardonnez’ ;
‘Moi, je te connais,
je t’ai appelée par ton nom,
tu es à moi,
tu as du prix à mes yeux,
tu as de la valeur,
je t’aime,
ne crains pas, car je suis avec toi’(*) ;
‘Je suis venu pour que tu aies la vie, la vie en abondance’ ;
‘Je te dis ça pour que ma joie soit en toi, et que ta joie soit parfaite’ ;
‘Je ne suis pas venu pour te condamner, mais pour te sauver’

Quelle merveille que le son de ta voix, Seigneur !

Alors, comme Pierre, je te réponds : ‘Seigneur, à qui irais-je ? Tu as les paroles de la vie éternelle’.

Donne-moi de ne jamais oublier le son de ta voix, et quand la vie ressemble à une tempête déchaînée, aide-moi à tendre l’oreille pour t’écouter, à te faire confiance et à te suivre, toujours.

(*) Livre du prophète Isaïe, ch. 43

Annick SAUVAGE.

Mars 2016: Évangile du dimanche 6 mars (4ème de Carême – Laetare)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (15, 1-3.11-32)

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui: « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’ Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : ‘Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

Méditation

Qu’est-ce qui différencient les deux frères dans leur relation à leur père ? Au fond, pas grand-chose: tous deux le considèrent comme un patron, un maître auquel il faut être soumis. L’aîné trouve ça normal et accepte, depuis toujours il obéit à son père afin de rester dans ses bonnes grâces. Le plus jeune, lui, refuse cette soumission à laquelle il se croit obligé, il veut être libre. Au fait, n’est-ce pas une réaction saine ? La relation père-fils n’est-elle pas autre chose qu’une banale et triste rétribution pour services rendus? Et le Père ne veut-il pas ses enfants libres? Quand le fils prodigue rentre au bercail, il n’a pas beaucoup changé: il n’espère pas être réintégré à sa place de fils de la maison, il brigue juste une place d’ouvrier qui lui assurerait la pitance ! Mais son père, qui le voit venir de loin – signe qu’il guette constamment son retour – court se jeter à son cou et le couvre de baisers. Et le fils réalise enfin de quel amour immense et inconditionnel il est aimé.

Puisse le fils (le frère) aîné, puissions-nous, nous aussi, laisser de côté nos calculs, accueillir humblement ton amour toujours donné, et le partager simplement avec nos frères.

Annick SAUVAGE.

Février 2016: Évangile du dimanche 14 février (1er de Carême)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (4, 1-13)

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le diable lui dit alors : «Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain.» Jésus répondit : «Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain.» Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : «Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela.» Jésus lui répondit: «Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte.» Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : «Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.» Jésus lui fit cette réponse : «Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.» Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

Méditation

J’ai beaucoup mangé ces derniers temps, même quand je n’avais plus très faim.

Friandises de Halloween et de la Saint-Nicolas, repas copieux – bûche et compagnie – des réveillons et jours d’après à Noël et Nouvel An, galette des rois à l’Épiphanie, crêpes de la chandeleur… Pas mal acheté, aussi : cadeaux, décorations, vêtements pour les fêtes, soldes…

J’ai fait le plein de bonnes choses, donc, peut-être même un peu trop, pourtant je ne me sens pas comblée, quelque chose me manque. Cette abondance de nourriture et d’objets qui ont rempli mon estomac et ma maison, me laissent sur ma faim. Peut-être ai-je un peu négligé, tout occupée que j’étais à organiser les fêtes, de me nourrir de l’essentiel ? Peut-être aussi ai-je eu tendance à me tromper d’essentiel… ? Tout, autour de nous, vise à nous convaincre qu’il est bon pour nous de consommer toujours plus, d’acheter les dernières nouveautés pour être heureux en ce monde. On en vient vite à étouffer sous cette avalanche de propositions alléchantes, et difficile de ne pas se laisser influencer, de se laisser tenter.

Au boulot et ailleurs, l’envie de tout maîtriser, de défendre mes intérêts, d’imposer ma conception des choses, de me faire bien voir, aussi, m’ont parfois amenée à dire ou à faire des choses pas très belles, oubliant que la seule chose qui compte, c’est d’aimer. Il m’est aussi arrivé, sachant ton amour pour moi, de te faire un affreux chantage aux sentiments, de te prendre pour un magicien qui m’obéirait au doigt et à l’œil et d’inverser les rôles en mettant ton Amour à mon service, au lieu de me mettre, moi, au service de ton Amour…

Besoin d’aller au désert, Seigneur. Me débarrasser de tout ce qui n’est pas moi. Reconnaître qui je suis. Reconnaître qui tu es. Creuser ma faim de toi, retrouver le bon goût de ta Parole. Réapprendre à me laisser conduire par l’Esprit, et par lui seul. Te demander pardon pour tous mes manques d’amour. Accueillir ta miséricorde. Me laisser inonder par la joie d’aimer et d’être aimée. Te contempler, tout simplement.

Annick SAUVAGE.

Janvier 2016: Évangile du dimanche 24 janvier (3ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (1, 1-4; 4, 14-21)

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus […]

Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

Méditation

16. Dans l’Évangile de Luc, nous trouvons un autre aspect important pour vivre avec foi ce Jubilé. L’évangéliste raconte qu’un jour de sabbat, Jésus retourna à NAZARETH, et comme il avait l’habitude de le faire, il entra dans la synagogue. On l’appela pour lire l’Écriture et la commenter. C’était le passage du prophète Isaïe où il est écrit : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur» (Is 61, 1-2).

« Une année de bienfaits » : c’est ce que le Seigneur annonce et que nous voulons vivre. Que cette Année Sainte expose la richesse de la mission de Jésus qui résonne dans les paroles du Prophète: dire une parole et faire un geste de consolation envers les pauvres, annoncer la libération de ceux qui sont esclaves dans les nouvelles prisons de la société moderne, redonner la vue à qui n’est plus capable de voir car recroquevillé sur lui-même, redonner la dignité à ceux qui en sont privés. Que la prédication de Jésus soit de nouveau visible dans les réponses de foi que les chrétiens sont amenés à donner par leur témoignage. Que les paroles de l’Apôtre nous accompagnent: «celui qui pratique la miséricorde, qu’il ait le sourire » (Rm 12, 8).

12. … là où l’Église est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste. Dans nos paroisses, les communautés, les associations et les mouvements, en bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde.

Pape François,
Extraits de Misericordiae Vultus
(Bulle d’indiction du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde)

Décembre 2015: Évangile du dimanche 20 décembre (4ème Avent)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (1, 39-45)

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Méditation

Heureuse celle qui a cru…

Tout au début de l’évangile de Luc, ce récit de la visitation de Marie à Élisabeth suit directement ceux des annonces de la naissance de Jean-Baptiste à Zacharie et de la naissance de Jésus à Marie. Deux récits qui présentent des similitudes de structure et de contenu :

– L’ange du Seigneur apparaît à Zacharie, qui en est bouleversé. Il lui dit ‘sois sans crainte’ et lui annonce que sa femme va avoir un fils. Zacharie lui demande comment il saura que ça arrivera étant donné que sa femme, Élisabeth, est stérile et, de plus, trop âgée.

– L’ange du Seigneur apparaît à Marie qui est bouleversée elle aussi. Il lui dit ‘sois sans crainte’ et lui annonce qu’elle va avoir un fils. Marie lui demande comment cela se fera étant donné qu’elle n’a pas de relations conjugales.

À première vue, on pourrait penser que ces deux situations semblables sont équivalentes, et on a du mal à comprendre pourquoi Zacharie se voit gratifié d’une réprimande et d’une punition, alors que pour Marie il n’en est rien. Mais quand on y regarde de plus près…

À l’apparition de l’ange, les deux sont bouleversés. Mais alors que le trouble de Zacharie tient surtout de la crainte, celui de Marie semble plutôt être un questionnement émerveillé face à quelque chose qui la dépasse.

Les deux questionnent l’ange sur le ‘comment’, mais on sent chez Zacharie comme une mise en doute de la faisabilité de la chose, alors que la question de Marie porte uniquement sur la façon dont ça va se passer. Pourtant Zacharie, qui est prêtre et connaît donc les Écritures à fond, est bien placé pour savoir qu’il y a un antécédent : Abraham et Sara ont eux aussi eu un fils dans leur vieillesse, il n’a donc aucune raison de douter de la parole de l’ange: en le faisant, c’est de Dieu lui-même qu’il doute, et toute l’histoire du salut qu’il remet en question. Marie, elle, après avoir reçu de l’ange un éclairage, qui reste assez mystérieux tout de même, acquiesce immédiatement. Bien que ne comprenant pas tout, elle choisit de faire confiance. Et c’est la jeune fille ignorante et humble qui deviendra la mère du Sauveur, coiffant au poteau le prêtre respectable qui croit savoir.

La comparaison de ces deux récits met en relief et éclaire ces paroles d’Élisabeth à Marie: heureuse celle qui a cru.

Seigneur, donne-moi l’humble confiance de Marie. Que comme elle j’acquiesce à accueillir en moi le mystère de ta vie pour le mettre au monde.

Annick SAUVAGE

Novembre 2015: Évangile du dimanche 1er novembre: Fête de la Toussaint

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (10, 46b-52)

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne.

Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Méditation

« Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux »

Cette phrase a fait couler beaucoup d’encre et de salive, Seigneur. Certains ne la comprennent pas et se révoltent contre ce qu’ils prennent pour une consolation à bon marché qui renvoie dans l’après la promesse illusoire du bonheur, tromperie inventée par l’Église en complicité avec les puissants pour faire supporter et accepter aux pauvres leur statut social – on connaît la phrase célèbre de Marx : « la religion est l’opium du peuple »

Récemment, j’étais en voiture et cherchais à m’insérer sur une voie prioritaire. Il y avait pas mal de trafic, j’ai dû attendre assez longtemps avant de pouvoir m’engager et je m’énervais car j’étais assez pressée. Peu après, alors que je suivais la file, je remarque au loin un véhicule qui se trouve dans la même situation que celle que je venais de vivre. J’imaginais plus que je ne le voyais le conducteur en train de désespérer de pouvoir passer un jour tant il y avait de voitures qui défilaient devant lui. Alors j’ai progressivement ralenti, creusant un écart entre ma voiture et celle qui me précédait, et arrivée au carrefour, j’ai fait un appel de phares au conducteur pour lui signaler qu’il pouvait s’engager. Il m’a fait un signe de la main pour me remercier et est passé devant moi, ainsi que deux autres voitures qui le suivaient. Situation banale que beaucoup de conducteurs connaissent pour l’avoir vécue, d’un côté ou de l’autre. Je ne connais pas cette personne et ne la reverrai sans doute jamais, je n’avais donc aucun intérêt à lui faire plaisir. Au contraire, à première vue mon intérêt aurait été de garder ma priorité pour gagner un peu de temps. Pourtant, après avoir fait ce geste tout simple, j’ai ressenti une grande joie, qui a chassé le stress de l’attente et m’a mise de bonne humeur pour le reste de la journée. Et je t’ai senti en moi, qui me disais : « Tu vois, ce n’est pas compliqué, le Royaume des Cieux arrive grâce aux petits gestes que tu poses au quotidien, quand tu renonces à ce qui te revient de droit, quand tu te fais pauvre pour permettre à un autre d’exister, alors le Royaume des Cieux grandit dans ton cœur, et sans doute aussi dans le cœur de l’autre à qui tu fais plaisir et qui ne s’y attendait pas. Ce n’est pas une utopie illusoire, c’est bien réel, et ça commence ici et maintenant. »

Annick SAUVAGE

Octobre 2015: Évangile du dimanche 25 octobre (30ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (10, 46b-52)

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! ». Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. ».
On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ».
L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! ».
Et Jésus lui dit: « Va, ta foi t’a sauvé. »
Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

Méditation

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Tu poses cette question à un aveugle et il te demande de lui rendre la vue. Oui, bien sûr ! C’est évident. Pas besoin d’un long discours pour expliquer ça, ça va de soi. Est-ce si sûr… ?

Il y a peu, tu avais posé la même question à deux de tes plus proches disciples, ceux qui te connaissent bien et que tu es en train de former pour la mission. Et au lieu de te demander de leur apprendre comment faire pour annoncer au mieux la Bonne Nouvelle, leur seule requête était une place d’honneur dans le Royaume ! Pourtant ils ne sont pas aveugles, eux, ils ont des yeux et sont toujours près de toi, ils devaient bien voir que tu passes ton temps à mettre les petits au même rang que les forts, les pauvres au même rang que les riches, les derniers au même rang que les premiers. Ils auraient dû savoir que dans le Royaume peu importe la place qu’on occupe parce que toutes les places sont des places d’honneur…

Bartimée, lui, bien qu’aveugle, semble voir plus clair qu’eux. Il est aussi plein de bon sens, alors il demande la seule chose dont il ait vraiment besoin, la seule chose qui lui permettra de retrouver sa dignité, de prendre sa vie en mains au lieu d’être obligé de passer son temps à mendier. Il ose te faire cette demande extravagante parce qu’il a confiance en toi, il croit que tu peux le sauver.

Et moi, quand je prie? Est-ce que je demande ce dont j’ai vraiment besoin en profondeur, ou est-ce que je m’en tiens au matériel et au superficiel ? Et est-ce que je crois vraiment que tu peux exaucer mes prières, que tu peux me changer et changer ma vie ?

Seigneur, souvent je suis comme aveuglée, je ne sais pas voir ce qui est bon pour moi. Ouvre mon cœur pour que je recommence chaque jour à te demander la seule chose qui compte vraiment : m’apprendre à aimer tous les hommes comme toi tu les aimes.

Ne laisse rien ni personne étouffer ce cri en moi qui monte vers toi, mais donne-moi l’audace et la confiance de Bartimée pour que j’ose te demander même ce qui paraît impossible, et croire que tu vas le réaliser.

Alors je me mettrai en route et j’irai vers mes frères avec la paix et la joie au cœur et tout au fond de moi résonneront ces paroles : « Va, ta foi t’a sauvée »

Annick SAUVAGE

Septembre 2015: Évangile du dimanche 13 septembre (24ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (8, 27-35)

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples: « Au dire des gens, qui suis-je ?» Ils lui répondirent: « Jean le Baptiste; pour d’autres, Élie; pour d’autres, un des prophètes.» Et lui les interrogeait: «Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Pierre, prenant la parole, lui dit: « Tu es le Christ». Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre: «Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.»

Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit: «Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. »

Méditation.

« Pour vous, qui suis-je ? »

Cette question que tu poses aux disciples, c’est à nous, à moi que tu la poses aujourd’hui.

Tu ne me demandes pas d’ouvrir le dictionnaire et de lire la définition qui figure en face de ton nom, ni de me faire une opinion basée sur tout ce qu’on dit de toi, non: tu me demandes une réponse personnelle: pour toi, qui suis-je ?

Pour moi…

Ce n’est pas simple de répondre, Seigneur. Parce que répondre, c’est accepter de me dévoiler, c’est risquer la fragilité. Une réponse personnelle, ça engage.

Pierre, le fougueux Pierre, te fait sans attendre une réponse grandiose: « Tu es le Christ »

Pour moi aussi, tu es le Christ.

Mais tu ne te laisses pas enfermer dans un mot, si beau soit-il. Tu sais que derrière un mot, chacun peut mettre ce qui l’arrange, consciemment ou non. Tu nous dis, à Pierre comme à moi, comme à nous tous aujourd’hui :

« ce que je suis pour toi, tu ne le découvriras qu’en me suivant sur le chemin de vie que je te propose, un chemin où l’amour a toujours la première place. Ce chemin sera traversé par des épreuves, parce que la vie est comme ça, mais si tu le veux je te promets de marcher toujours avec toi. Ce n’est que petit à petit, au fur et à mesure que nous cheminerons ensemble, et dans la mesure où tu te laisseras remettre en question par moi, que tu apprendras à renoncer à toutes les images que tu te fais de moi. Alors, tu comprendras qui je suis pour toi. Tu sauras que ta réponse ne peut pas tenir dans un mot, ni une phrase, ni même dans un livre. Ta réponse, ce sera le chemin que prendra ta vie ».

« Pour vous, qui suis-je ? »

Quelle réponse allons-nous lui donner ?

Annick SAUVAGE

Été 2015: Évangile du dimanche 19 juillet (16ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (6, 30-34)

Après leur première mission, les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu’on n’avait même pas le temps de manger.

Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.

En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.

Alors, il se mit à les instruire longuement.

Méditation.

Tes disciples viennent de rentrer de mission et tu leur dis de se reposer un peu. C’est normal. Ils ont beaucoup travaillé, ils sont fatigués, ils ont besoin de repos.

Mais est-ce cela seulement que tu veux dire ? Ne faut-il pas chercher plus loin ?
Quel danger les guette ?

Tu leur as confié une mission importante, ils en sont conscients et veulent faire du mieux qu’ils peuvent. Ils ont réalisé de belles choses, ils sont heureux et fiers, et ils te racontent tout ce qu’ils ont fait. Mais à peine revenus, ils sont à nouveau sollicités de toutes parts, au point qu’ils n’ont même pas le temps de manger. Ni de faire le bilan de leurs actions. Ni de prier. Ni de rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’Il leur a permis de réaliser (risquant même d’oublier, à la longue, que c’est grâce à lui qu’ils ont pu faire tout ce qu’ils ont fait). Ni de puiser en Lui la lumière, la patience, l’amour, la confiance et la force nécessaires pour continuer.

Grisés par leurs récents succès, et face aux nombreuses tâches à accomplir, les disciples pourraient être tentés de continuer sur leur lancée, se donnant sans compter pour répondre au plus vite à toutes les demandes. Ils risquent alors l’épuisement, non seulement physique mais aussi spirituel. Grand est le risque de nous affadir si nous négligeons de venir recharger nos batteries à la chaleur de ton amour. Et si le sel perd sa saveur, qui la lui rendra?

Toi seul, Seigneur, peux nous garder savoureux comme le bon pain.

Comme à Marthe qui s’agite et s’affaire pour bien des choses, tu leur rappelles, tu nous rappelles qu’avant toute action humaine, la première chose à faire est de venir puiser à la source, prendre le temps de manger la vraie nourriture, le pain qui vient du Ciel, ta Parole de vie. Alors ils seront à même de continuer la route avec toi, et de t’aider à rassasier des foules affamées.

« Venez à l’écart », et non pas « Allez à l’écart » : le repos à l’écart, oui, mais pas n’importe comment, et pas tout seuls : leur temps de repos, tu les invites à le prendre auprès de toi : « Venez à moi, et vous trouverez le repos ».

Pendant ces vacances, je veux prendre du temps pour toi. Pour te parler, et surtout pour t’écouter. Pour être tout simplement avec toi.

Me ressourcer en toi.

Bonnes vacances à tous !

Annick SAUVAGE

Juin 2015: Évangile du dimanche 28 juin (13ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (5, 21-43)

En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre.

Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive.» Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.

Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré – … cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet: «Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée.»

À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : «Qui a touché mes vêtements?» Ses disciples lui répondirent: «Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?”» Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci: «Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue: « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit: « Pourquoi cette agitation et ces pleurs? L’enfant n’est pas morte: elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit: « Talitha koum », ce qui signifie: «Jeune fille, je te le dis, lève-toi! »

Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne; puis il leur dit de la faire manger.

Méditation.

28 ans que je fais ce métier.

J’en ai rencontré des malades, sur l’autre rive… Certains très atteints, au bout du rouleau, vidés. La médecine ne peut parfois plus rien. Sentiment d’impuissance. Tentation de se presser ailleurs en détournant le regard – à quoi bon ?… – laissant le malade seul avec sa souffrance, déjà mort.

Mais comme toi, par toi et avec toi, entendre le cri de cet homme, me laisser toucher par la détresse de cette femme. Les rejoindre dans leur désir de vivre.

Prendre le temps, m’asseoir un instant. Chercher un regard, caresser une main, risquer une parole. Des yeux s’illuminent, un sourire s’ébauche, un corps se redresse. Et leurs cœurs, comme le mien, sont tout brûlants. Tu es là, bien vivant, et tu nous aides à vivre ce que nous avons à vivre. Merci, Seigneur.

Annick SAUVAGE.

Mai 2015: Évangile du dimanche 10 mai (6ème de Pâques)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (15, 9-17)

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure.

Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

Méditation.

C’était la veille de ta mise à mort. Tu partageais ton dernier repas avec tes disciples. Tu savais que tu allais bientôt être séparé d’eux. Tu leur as laissé tes ultimes recommandations, le plus important pour toi, ton testament. Il ne fallait pas qu’ils risquent de mal comprendre tout ce que tu leur avais dit au cours de ces trois ans de vie commune. Tu as voulu leur redire une dernière fois ce qui compte vraiment. Et pour être sûr qu’ils ne s’embrouillent pas dans de longs textes compliqués, qu’ils ne reproduisent pas les erreurs des Pharisiens et qu’ils retiennent facilement, tu leur as donné cet unique commandement qui rassemble tous les autres :

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Comme c’est bon de lire ce passage de l’Évangile, Seigneur ! Bon de t’entendre me dire la grandeur, la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur, l’intensité de ton amour ! Comme ça fait du bien de lire ce débordement d’amour qui s’adresse à moi : dix fois le verbe aimer, conjugué à tous les temps, deux fois le mot joie et le mot amis, dans un si petit texte !

À la veille de la fête de l’Ascension, la liturgie nous donne à relire ce texte. Comme aux disciples, tu veux nous redire, au moment où nous célébrons ta montée vers le Père et notre envoi en mission, l’essentiel de ton message et la grandeur de notre vocation de Chrétiens :

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.
Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.

Tu nous demandes de nous aimer de l’amour qui vous unit, le Père et toi.

Comme… – il y a plusieurs façons d’aimer : je repense à ce poème de PRÉVERT :
« Tu dis que tu aimes les fleurs, tu les coupes. Tu dis que tu aimes les poissons, tu les manges. Tu dis que tu aimes les oiseaux, tu les mets en cage. Quand tu me dis « Je t’aime », j’ai peur… »
Toi, Seigneur, tu nous aimes d’un amour qui ne coupe pas, mais remet debout; qui ne dévore pas, mais donne la vie; qui n’enferme pas, mais rend libres.

Comme… – c’est parce que tu nous aimes que nous sommes rendus capables d’aimer à notre tour. C’est ton amour qui nourrit le nôtre. Si nous nous coupons de ton amour, nous ne pourrons aimer qu’à la manière, bien pauvre, décrite par le poète.

Merci, Seigneur, pour cette merveille, ce cadeau extraordinaire de ton amour pour moi. Aide-moi à ne jamais m’éloigner de toi, pour pouvoir aimer vraiment mes frères.

Annick SAUVAGE.

Avril 2015: Évangile du dimanche 12 avril (2ème de Pâques)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit: « La paix soit avec vous! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: «La paix soit avec vous! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.» Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit: « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus.»

Or, l’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient: « Nous avons vu le Seigneur! » Mais il leur déclara: « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit: «La paix soit avec vous! » Puis il dit à Thomas: «Avance ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main, et mets-la dans mon côté: cesse d’être incrédule, sois croyant.»

Thomas lui dit alors: «Mon Seigneur et mon Dieu! » Jésus lui dit: «Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.»

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre.

Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.

Méditation 

Les disciples ont verrouillé les portes car ils ont peur… On les comprend: leur maître vient d’être atrocement mis à mort après avoir subi un jugement injuste, été flagellé et traîné dans les rues sous les injures et les moqueries, ils craignent de subir le même sort…

Attentats, agressions, cambriolages, catastrophes naturelles ou non, disparitions inexpliquées… Moi aussi il m’arrive d’avoir peur, Seigneur, quand j’entends les infos… Alors, comme les disciples, je prends un maximum de précautions: assurances, alarmes, hauts murs, barrières solidement cadenassées, et pas question de laisser les enfants aller seuls à l’école, même si elle n’est qu’à 300m, au centre du village… Mais est-ce cela, vivre en paix ? Se terrer dans sa bulle, ne plus oser sortir ? Est-ce ce genre de ‘paix’ que tu proposes à tes disciples, que tu me proposes, Seigneur ?

Je relis: malgré ta mort sur la croix, malgré les menaces extérieures et les verrous sur les portes, tu es là, bien vivant au milieu de nous. Tu nous rejoins et nous accompagnes dans le quotidien de nos vies. Je te reconnais dans toutes ces personnes qui risquent des paroles et des gestes d’entraide en dépit du négativisme ambiant, et font grandir l’humanité. Et j’écoute à nouveau tes paroles: ‘La paix soit avec vous. De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie…’

Et je comprends que la vraie paix n’est pas donnée par des sécurités extérieures, mais par l’assurance de ta présence toujours avec moi. Qu’elle ne se construit pas par la fuite de l’autre mais dans sa rencontre. Que tu m’invites à ne pas la garder enfermée dans le cocon de ma maison, de ma communauté, mais à sortir et à la communiquer autour de moi. Donne-moi une foi assez forte pour oser faire sauter les verrous qui m’empêchent de vivre la confiance, qui seule apporte la vraie paix.

Annick Sauvage.

Mars 2015: Évangile du dimanche 8 mars (3ème de Carême)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (2, 13-25)

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent: «Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi? » Jésus leur répondit: «Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai.» Les Juifs lui répliquèrent: «Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais !» Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

Méditation.

La Pâque approche. Le peuple juif monte à Jérusalem pour fêter en présence de Dieu sa libération de l’esclavage (Ex 20, 2). Tu fais le chemin en compagnie de tes voisins et amis. 150 km entre Capharnaüm et Jérusalem. À pied. C’est long. Beaucoup, de condition modeste, ont fait de gros sacrifices pour pouvoir partir. Les congés payés n’existent pas. Le temps pour faire l’aller-retour, les jours passés sur place, représentent une perte financière lourde à porter. Sur la route, vous rencontrez des gens venus d’autres régions. On fait connaissance, on partage les vivres, on s’entraide. Une fraternité naît. La chaleur, la fatigue, les maux de pieds se font sentir, mais la perspective de la fête qu’on va faire ensemble aide à les supporter. Tu te réjouis de retrouver le Temple, lieu privilégié de la rencontre et du tendre échange avec ton Père, où petit, déjà, tu aimais t’attarder.

Quand enfin vous y arrivez, vous êtes assaillis par des marchands qui s’y sont installés, en ont pris possession et arrêtent votre élan vers le Lieu Saint. Ils utilisent les textes de la Loi pour en monnayer l’accès, qui ne peut se faire qu’au prix d’un sacrifice supplémentaire, qui ne fait plus sens. Et chacun de vanter les qualités de la plus belle colombe, celle qui pourra le mieux plaire à Dieu et s’attirer ses faveurs. Les gens n’osent pas protester. Les marchands s’enrichissent et les pauvres deviennent encore plus pauvres. Les puissants renforcent leur autorité et le peuple bien-aimé de Dieu, asservi par un carcan d’obligations parfois intenables, vit une religion de calcul et de peur. Ce qui devait être la belle fête du passage de l’esclavage à la liberté, devient la fête amère du passage obligé par des contraintes qui gâchent le plaisir de la Rencontre, au risque même que celle-ci, finalement, n’ait pas lieu… Comme je comprends ta révolte ! Avec toi, je veux protester, redire encore et encore que NON, la colombe ne se marchande pas : l’Esprit Saint, Don d’Amour de Dieu, est GRATUIT !

La fête de Pâques approche. Fête de l’Amour qui se donne éternellement pour que l’homme vive libre et heureux. Le temps du Carême nous invite à réfléchir à la façon dont nous la célébrons. Le Temple, c’est l’aujourd’hui de nos vies (1Co 3, 16-17). Comment l’habitons-nous ? En faisons-nous le lieu de la présence et du don gratuit de Dieu, ou l’occupons-nous en propriétaires confortablement installés, marchandant son Amour?

Loin de toute obligation, de ‘prix à payer’, le temps du Carême nous est offert comme un cadeau précieux, une respiration, où tu viens nous aider à purifier notre relation à Dieu, à nous-mêmes et à nos frères. Sachons le goûter, le savourer. Bon Carême à tous !

Annick SAUVAGE.

Février 2015: Évangile du dimanche 1er février (4ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (1, 21-28)

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Méditation.

Quand j’étais étudiante, quelques profs m’ennuyaient un peu car ils donnaient leur cours sur un ton monocorde et peu convaincant, certains se contentant même de lire des notes tirées de livres d’auteurs, avec peu ou pas d’apport personnel. Mais il y en avait aussi, beaucoup plus nombreux heureusement, qui étaient passionnés par leur matière et en semblaient comme imprégnés en profondeur. Ils avaient une façon d’en parler qui captivait les plus tièdes, et nous étions tous suspendus à leurs lèvres. Si une question surgissait, ils y répondaient avec une aisance qui dénotait une parfaite maîtrise du sujet. Quand sonnait l’heure de la fin du cours, on était tout étonnés que le temps ait passé si vite, et presque déçus que ce soit déjà fini.

Tu es comme eux, Seigneur : tu portes la loi d’amour au plus profond de toi, elle est la substance même de ton être. Tu n’as pas besoin de scruter les Écritures et les commentaires des rabbins pour l’enseigner : il te suffit d’être toi, et tous ceux qui cherchent d’un cœur sincère à en vivre sont interpellés et émerveillés par tes paroles et ta façon d’être, car tout ce que tu dis, tu l’es et tu le fais.

Moi aussi, je suis dans l’admiration quand je contemple ta vie. Quand je t’entends répondre de manière lumineuse aux questions-pièges des pharisiens. Quand je te vois soulager et remettre debout tous les blessés de la vie qui croisent ton chemin. Quand je t’entends condamner inlassablement, jusqu’à y risquer ta peau, ceux qui interprètent la Loi en oubliant qu’elle n’existe que pour que les hommes vivent debout, libres et heureux. Oui, je t’admire et je mets ma confiance en toi. Depuis longtemps j’ai choisi de te suivre.

Mais te suivre est exigeant, Seigneur. Pour aimer mes frères il me faut renoncer à mon confort, à mes avantages. Ce n’est pas facile. Alors parfois, les voix de la paresse, de l’indifférence, du chacun pour soi, ont tendance à prendre possession de ma volonté. Elles essaient de me faire croire que le bonheur est dans les richesses du monde, le pouvoir et la notoriété. Elles me disent que je ferais mieux de ne pas t’écouter, et mon esprit est tourmenté, je ne sais plus très bien que faire. Je sais que tes paroles sont des paroles de Vie, mais en même temps j’ai peur de perdre ma tranquillité. Une partie de moi veut continuer à te suivre et l’autre freine des quatre fers, je suis divisée.

Heureusement tu n’es jamais bien loin, et quand je faiblis, tu viens à mon aide, tu imposes le silence à ces voix menteuses et tu les chasses de mon cœur.

Merci, Seigneur, de toujours veiller sur moi, et de m’aider à te suivre en chassant de mon esprit les fausses vérités qui troublent la pureté de ton message d’amour.

Annick SAUVAGE.

Janvier 2015: Évangile du dimanche 18 janvier (2ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (1, 35-42)

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : «Voici l’Agneau de Dieu.» Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus. Celui-ci se retourna, vit qu’ils le suivaient, et leur dit: «Que cherchez-vous?» Ils lui répondirent: «Rabbi (c’est-à-dire: Maître), où demeures-tu ? »

Il leur dit: «Venez, et vous verrez.» Ils l’accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers quatre heures du soir. André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord son frère Simon et lui dit: « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ) ». André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit: «Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képha» (ce qui veut dire : pierre).

Méditation.

Je te suis depuis longtemps, Seigneur.

Quand j’étais petite, mes parents, mes catéchistes, mes profs de religion, les prêtres m’ont parlé de toi. Ils m’ont dit que tu étais le fils de Dieu, que tu m’aimais et que je pouvais te faire confiance, alors je me suis mise en route : par obéissance et aussi pour leur faire plaisir, sans trop savoir où ça me mènerait, j’ai commencé à te suivre, un peu machinalement…

– « Que cherches-tu ? »

Euh… je sais pas, moi… on m’a dit de te suivre, je te suis… mais, c’est vrai, ça… je cherche quoi, au fond… ? Et puis, qui es-tu au juste ? Il ne faut pas suivre des inconnus et je ne te connais pas vraiment : es-tu réellement le fils de Dieu ? Certains disent que tu n’es qu’un homme ordinaire, d’autres que tu es un simple prophète…Comment savoir, comment te connaître ? Dis-moi où tu crèches et je saurai qui tu es…

– « Viens, et tu verras »

Pas faux : rien de tel que d’aller voir de visu pour me faire une idée…

Alors, j’ai ouvert le Livre, et j’ai vu. Je t’ai vu soulager de nombreux malades, parler aux parias de la société comme à des gens importants, dénoncer les injustices partout où tu passais, manger avec les exclus, remettre à leur place les beaux parleurs. Je t’ai vu te réjouir avec les gens heureux, partager la peine de ceux qui pleurent et considérer chacun comme un frère. À ceux qui se croyaient inutiles, bons à rien, tu as rendu la dignité, rien qu’en écoutant ce qu’ils avaient à dire. À ceux que tous disaient perdus, tu as permis de prendre un nouveau départ. Je t’ai reconnu sur les chemins de ma vie, dans certaines personnes rencontrées, qui m’ont accueillie simplement, écoutée quand j’avais besoin d’être écoutée, qui m’ont aidée à tenir dans les difficultés, qui m’ont donné une parole de soutien et d’espérance, une parole qui m’a permis de reprendre courage, de me remettre debout. J’ai réalisé que ça fait du bien d’être avec toi. Et ça fait du bien de voir les autres heureux, on se sent plus heureux soi-même, et on a le cœur en paix.

C’est ça que je cherche : le bonheur et la paix du cœur, et tu m’as appris que c’est en aimant que je les trouverai.

Mais ce n’est pas facile tous les jours d’aimer comme toi, alors j’ai besoin de ton aide, j’ai besoin que tu sois là, toujours avec moi, pour me montrer le chemin et m’aider à aimer.

Je te suis depuis longtemps et au début je ne savais pas trop pourquoi, mais maintenant, je sais : c’est la vie avec toi, c’est TOI que je cherche, Seigneur.

Annick SAUVAGE.

Décembre 2014: Évangile du dimanche 7 décembre (2° Avent)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (1, 1-8)

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète: ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin’. Voix de celui qui crie dans le désert : ‘Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers’. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Méditation.

Voix de celui qui crie dans le désert…

Quand on est perdu dans le désert ou dans une forêt dense, dans le brouillard ou au beau milieu de la nuit la plus noire, quand on ne sait plus quelle direction prendre, qu’on tourne en rond, on tend désespérément l’oreille, à l’affût du moindre petit bruit qui nous indiquerait la bonne direction.

Le peuple hébreux le sait bien, lui qui a erré pendant 40 ans dans le désert avant d’enfin voir la terre promise, et qui maintenant, écrasé sous la domination de l’occupant romain, attend fébrilement le Messie, celui qui restaurera la prospérité et la paix dans le pays.

Alors, des prophètes de tous acabits se lèvent, et c’est en grandes foules que le peuple désemparé se dirige vers l’un ou l’autre, au risque parfois de se perdre à nouveau.

Il arrive que nos vies ressemblent à une marche dans le désert : face à notre immense besoin de bonheur, la multitude des propositions en tous genres qui surgissent de toutes parts sont comme autant de grains de sable et de dunes toutes semblables dans lesquelles nous nous enlisons et nous nous perdons, ne sachant plus que choisir et vers où aller.

Parfois, séduits par une proposition qui nous semble plus alléchante que les autres, nous prenons un chemin qui ne mène qu’à la satisfaction de désirs matériels qui n’en finissent pas d’augmenter, spirale infernale qui risque bien d’aboutir à la désillusion…

Seigneur, dans le désert qu’est parfois ma vie, qu’il est bon d’entendre une voix fiable qui me rassure et me guide! Quand j’ai pris un chemin qui mène à une impasse ou que je suis bloquée à un carrefour, ne sachant quelle direction prendre, quel bonheur de pouvoir compter sur quelqu’un qui, comme Jean, passionné de toi, me rappelle sans cesse que toi seul es la source du vrai bonheur, et me montre fidèlement le chemin qui conduit vers toi.

Merci, Seigneur, pour tous les veilleurs-éveilleurs, tous les Jean-Baptiste que tu nous donnes de rencontrer dans les déserts de nos vies. Ouvre nos oreilles à leur voix, donne-nous la sagesse de suivre leur appel à remettre en question nos habitudes et nos certitudes pour mieux t’accueillir et te suivre, et à débarrasser nos vies de ce qui nous empêche d’aimer.

Alors, oui, ce sera vraiment pour nous le commencement de la Bonne Nouvelle de ta venue dans nos vies, que nous fêtons à Noël.

Annick SAUVAGE.

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NOVEMBRE 2014: Évangile du dimanche 16 novembre (33°TO)

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu (25,14-30) : la parabole des Talents.

 « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.

Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !”

Méditation.

La fin de l’histoire est dure, Seigneur ! Es-tu vraiment si injuste et impitoyable que le maître de la parabole, toi, le Dieu d’Amour et de Miséricorde, toi notre Père? J’ai peine à y croire…
Alors comme d’habitude, je relis, avec les lunettes de l’amour :

– Quel maître ferait confiance à ses serviteurs au point de partir pour un long voyage en leur confiant tous ses biens, sans aucun contrôle ? Confiant, non seulement qu’ils ne vont pas les lui voler, mais qu’ils auront la volonté et seront capables de les faire fructifier?
Toi, Seigneur, tu nous fais confiance au point de remettre ta vie entre nos mains.

– Le trésor que tu nous confies, c’est bien mieux qu’une somme d’argent, si grande soit-elle, dont nous ne pourrions jouir que sur cette Terre. Tu nous donnes ton Amour infini, tu veux nous faire vivre de ta Vie éternellement. Tu nous confies ta Parole d’Amour et la mission de la transmettre, et tu nous donnes ton Esprit pour nous aider à en vivre.

– Ta Parole n’est pas faite pour rester sur les planches d’une bibliothèque, gardée bien au chaud, intacte mais stérile. Elle est faite pour être écoutée encore et encore, longuement méditée, et sans cesse confrontée au concret de nos vies, afin d’y faire germer l’amour.

– Quand je me nourris de ta Parole, quand j’en nourris mon cœur, mes actions, ma relation aux autres, toute ma vie, alors l’amour grandit en moi, et je ressens une joie plus grande que toutes les joies. Mais ce germe d’amour que tu me donnes, si je le laisse de côté, si je le néglige, si je n’en prends pas soin comme on soigne un jardin, une fleur délicate, un être cher, alors il risque bien de s’étioler, se ratatiner comme une peau de chagrin et, à la longue, de mourir. C’est ça que tu veux me dire à travers cette parabole, car tu m’aimes, et tu veux le meilleur pour moi. Tu me demandes de choisir la vie (Deutéronome, ch.30, v.19).

Je veux m’approcher de toi avec confiance et te rendre grâce, chaque jour, pour le trésor d’amour que tu me donnes, le faire grandir en moi et le partager avec mes frères.

Aide-moi à vivre de ta Parole, pour qu’elle porte du fruit et fasse grandir ton Royaume.

Annick Sauvage.

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OCTOBRE 2014: Évangile du dimanche 12 octobre (28ème TO) 

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu (22, 1-14): Tous invités.

Jésus disait en paraboles : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce.’ Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce.’ Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?’ L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.’ Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »

Méditation 

« Heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». En lisant ce passage de l’Évangile, je pense à cette phrase, que nous entendons chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie. L’écoutons-nous vraiment ? La recevons-nous dans toute sa force et sa beauté ? L’Amour parfait, infini, m’invite à la noce de son Fils bien-aimé, héritier de tous ses biens et donc de tout son amour. Héritier d’un amour si fort qu’il est capable à lui seul de racheter, d’effacer, d’enlever tous mes manques d’amour. De me rendre capable, si je lui donne toute ma confiance, ma foi, d’aimer comme lui. Déjà ça, ça devrait me réjouir : être invitée à une noce, c’est-à-dire à la célébration d’un amour, c’est toujours une grande joie, et si en plus c’est la noce du Fils de l’Amour, vraiment, ça doit être une fête au-delà de tout ce que je peux imaginer. Mais ça va plus loin encore. Car non seulement je suis invitée, mais je suis l’invitée principale : l’épouse, c’est moi ! C’est avec l’humanité entière, avec moi, avec nous tous, qu’en Jésus, Dieu-Amour veut s’unir éternellement ! C’est cette union que nous sommes appelés à vivre dans le quotidien de nos vies et à célébrer lors de chacune de nos eucharisties. Et puisqu’il veut s’unir à chacun de nous, ça implique que nous soyons tous unis nous aussi : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », ça fait partie de l’invitation, c’est le fameux vêtement de noces qu’il nous faut revêtir pour pouvoir y participer pleinement. Et que répondent les invités, bien souvent ? « Non, merci, c’est bien gentil, mais j’ai pas le temps, j’ai plein de choses à faire, faut qu’j’aille arroser mes haricots, laver ma voiture, écouter les infos…plus tard, peut-être… »

Mais lui ne renonce pas, il ne se laisse pas décourager par notre tiédeur, notre indifférence ou même notre hostilité, il continue à nous inviter, encore et toujours, en vue de notre plus grand bonheur, au festin merveilleux de son amour pour nous.

Merci, Seigneur, pour ton amour infini qui m’appelle inlassablement. Pardon pour toutes les fois où j’y réponds si mal. Et la prochaine fois que je me présenterai au repas de tes noces sans avoir revêtu le vêtement de la confiance en toi et de l’amour de mes frères, quand tu interrogeras mon cœur, ne permets pas que je garde le silence : mets dans ma bouche et dans mon cœur ces mots qui me garderont ouverte la porte de la salle du banquet : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole, et je serai guérie… »

Annick Sauvage.

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SEPTEMBRE 2014: Évangile du dimanche 7 septembre (23ème TO) 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (18, 15-20).

Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Encore une fois, je vous le dis : si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

 Méditation.

 Qu’est-ce que tu me demandes là, Seigneur… ?

Je ne veux pas d’histoires, moi, je n’ai pas envie de me disputer avec lui (ou elle) !

Si je vais lui dire qu’il agit mal, je risque de perdre son amitié. Il risque de me dire que ça ne me regarde pas et de me mêler de mes affaires, et il aurait raison : s’il se met dans son tort, c’est son problème, après tout, qu’il se débrouille…

Il pourrait aussi me répondre qu’au lieu de le critiquer, je ferais mieux de me regarder d’abord moi-même, et là encore il aurait raison : n’est-ce pas ce que tu veux dire dans l’histoire de la paille et de la poutre ? C’est vrai que moi non plus je n’agis pas toujours comme il le faudrait, alors de quel droit j’irais faire la leçon aux autres ?

Vraiment, cette histoire de correction fraternelle, ça me met très mal à l’aise…

Pourtant cette parole est là. Qui suis-je pour décider de ne pas en tenir compte ?

Alors, comme d’habitude quand je ne comprends pas, je vais lire et relire, et dans la prière je te demande ton aide : que veux-tu me dire vraiment ?

Et je me souviens que tu m’appelles à vivre de ton amour : ‘aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés’ : toutes tes autres paroles ne peuvent et ne doivent être lues qu’en lien avec celle-là : aimez ! (cf 2ème lecture : Romains 13, 8-10)

Et je remarque que tes premiers mots sont pour me dire que l’autre est mon frère : ces mots viennent avant la mention du péché, comme pour me rappeler qu’avant de regarder l’erreur, je dois regarder la personne, et la regarder comme un frère, une sœur, que tu aimes et que tu m’invites à aimer. Toi, tu brûles d’amour pour chacun de nous, tu veux si fort notre bonheur, que tu souffres quand tu vois l’un de nous prendre un chemin qui risque de le rendre malheureux – c’est ça, commettre un péché : couper le lien avec Dieu Père, avec l’Amour, la Vie, le Bonheur. Comme dans la parabole de la brebis perdue qui précède ce passage, tu veux tout faire pour le ramener sur le chemin du bonheur, parce que tu l’aimes.

Et pour agir en ce monde, tu n’as que nos mains …

Mais tu me dis ‘si’ : ne vais-je pas parfois un peu vite pour accuser? Quand je critique mon prochain, est-ce toujours parce qu’il est dans l’erreur ou est-ce surtout parce qu’il me dérange ? Avant de dire à l’autre qu’il a tort, je dois d’abord être sûre qu’il a réellement tort.

Tu me dis aussi d’aller lui parler ‘seul à seul’ : ici encore, tu pointes une de mes mauvaises habitudes : quand je pense que quelqu’un est en tort, est-ce que je ne commence pas souvent par en parler à d’autres ? Est-ce toujours utile ? Est-ce que ça ne risque pas de nuire à la relation sans résoudre le problème ?

Alors, Seigneur, viens habiter mon cœur toujours mieux, pour que j’aie le courage d’aller parler à mon frère si c’est nécessaire, et surtout, que je le fasse avec beaucoup d’amour…

Annick Sauvage.

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ÉTÉ 2014: Évangile du dimanche 6 juillet (14ème TO)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (11, 25-30): « Je te loue, Père,… »

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit: « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout petits. Oui, Père, c’est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance.

Tout m’a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Méditation:

J’ai réussi des études supérieures, je pense donc avoir un niveau intellectuel convenable.
Comment alors ne pas être interpellée, et même choquée, par ce passage de l’Évangile et ces paroles de Jésus? Je suis de bonne volonté, j’essaie de faire de mon mieux pour faire le bien, et ça ne servirait à rien?
À cause de mon intelligence, je n’aurais pas accès au Royaume de Dieu?!

Je ne te comprends pas, Seigneur: n’est-ce pas le Père qui m’a créée et voulue avec mon
intelligence? Et d’ailleurs, n’as-tu pas souvent soupiré devant le manque d’intelligence de tes disciples qui sont si lents à comprendre? Alors…?

Alors, je me dis que j’ai peut-être mal lu.
Oh, bien sûr, je sais lire, j’ai appris, mais justement: j’ai lu avec les seuls yeux de mon intelligence qui essaie toujours de décortiquer, d’analyser, de critiquer… j’ai oublié qu’un jour, j’ai décidé de te suivre en te faisant totale confiance.

Alors, je recommence ma lecture, avec les yeux du cœur.

Et je te vois t’adresser à ton Père avec amour, admiration et respect. Comme un tout petit enfant regarde son papa comme un héros, tu regardes le Père, ton discours est d’abord un merci plein d’admiration et d’émerveillement. Et je te sens heureux comme ça, heureux de cette relation privilégiée que tu as avec lui, heureux d’être Fils, c’est un cri de jubilation que tu pousses.

Et c’est peut-être d’abord ça que tu veux me dire : avant de chercher à comprendre, commence par réapprendre à t’émerveiller, regarde les tout petits enfants, ils s’émerveillent de tout: une pâquerette, un ver de terre, un caillou…

Ils sont capables, eux, de voir le beau, le merveilleux dans ce qui te paraît si banal à toi, l’intelligente, que tu en arrives à ne plus t’émerveiller pour grand-chose, enfermée que tu es dans ta science, cherchant dans les livres et sur internet les réponses à toutes tes questions et les solutions à tous les problèmes qui pèsent sur tes épaules.

Réapprends d’abord à t’émerveiller et à développer en toi l’enfant.

Alors, ta relation au Père sera juste, et tu oseras lui dire simplement, dans une prière confiante, tout ce qui pèse dans ta vie.

Alors tu recevras force et courage pour affronter les problèmes de ta vie. L’amour filial qui t’unit à lui, ce joug léger que je te propose, te remettra debout et alors, tu pourras mieux utiliser ton intelligence: elle est bonne, elle est utile, mais elle ne doit jamais t’empêcher de t’émerveiller et te faire négliger de louer Dieu et de lui demander son aide.

Une bonne résolution pour les vacances qui s’ouvrent:
décider de s’émerveiller et de rendre grâce au moins une fois chaque jour…

Bonnes vacances émerveillées à tous !

Pour aller plus loin: 

  • Psaume 8
  • Et un lien avec l’actualité: rassembler les Belges autour d’un même événement, les rendre fiers d’être belges: là où les hommes politiques ont bien du mal, le foot a réussi (le foot, pas le golf: un sport collectif et populaire…) : « Je te loue, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux savants… »
Annick SAUVAGE.

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JUIN 2014: Évangile du dimanche 29 juin – fête des saints Pierre et Paul

Évangile de Jésus Christ selon Saint Mathieu (16, 13-19): « Pour vous, qui suis-je? »

Jésus était venu dans la région de Césarée de Philippe, et il demandait à ses disciples :
« Le fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent: « Pour les uns, il est Jean Baptiste; pour d’autres, Élie; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je? »
Prenant la parole, Simon Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu
 vivant! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera delié dans les cieux. »

Méditation:

Il y a ce que les gens disent, et puis il y a ce que Pierre va dire.

Quelle différence entre les deux?

Les gens ne connaissent pas bien Jésus. Ils l’ont vu passer, l’ont entendu parler et vu agir de façon ponctuelle, ou en ont entendu parler par d’autres, mais ne le connaissent pas en profondeur, ils n’en ont qu’une vision extérieure et fragmentaire.

Pierre, lui, au moment où il fait cette affirmation, a déjà passé beaucoup de temps aux côtés de Jésus; il a entendu toutes ses paroles, l’a vu agir, l’a vu prier, a mangé et dormi à ses côtés,…
Il connaît Jésus personnellement, intimement. Au fil des jours passés avec lui, il a appris, non à se forger une opinion parmi d’autres, mais à affirmer avec force une profession de foi qui engagera sa vie: il reconnaît en Jésus celui qui change la vie, celui qui nous sauve, qui détruit la mort et donne la vie.

Et pour cette raison, il est prêt à lui faire confiance et à témoigner, même si ça ne va pas dans le même sens que l’opinion publique. À suivre Jésus, même quand ça entraîne des risques.

Oh, bien sûr, ça n’ira pas tout seul. Il y aura encore des moments où la peur, le découragement ou l’incrédulité prendront le dessus. Mais toujours il gardera cette relation privilégiée à Jésus, qui plus tard lui fera dire et redire:
« Seigneur, tu sais bien que je t’aime… » (Jn 21,15-17)

Et Jésus déclare Pierre heureux. Oui, on est heureux, quoi qu’il arrive, quand on peut faire une telle profession de foi. Quand on sait qu’on est aimé sans condition, qu’on ne sera jamais seul et que le Seigneur de la Vie nous veut avec lui pour toujours.

Et c’est sûr qu’alors ce n’est plus une simple opinion d’homme qui s’exprime, mais la révélation de quelque chose qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer et exprimer, révélation qui vient de Dieu, et que Pierre peut recevoir car
« celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14,9)

Et nous, que disons-nous? Qui est Jésus pour nous?

Est-ce qu’il change nos vies au point d’oser affirmer haut et fort notre foi malgré une tendance au relativisme et au doute?

Osons-nous ramer à contre-courant et nous dire Chrétiens même quand les gens nous renvoient des regards moqueurs, indifférents ou hostiles? Osons-nous suivre Jésus dans son combat contre les inégalités sociales et son accueil de tous les hommes?

Bien sûr pour pouvoir y arriver, il faut nous faire proches de lui.

Comme Pierre, l’écouter parler, le contempler longuement et nous nourrir d’une relation intime avec lui. Alors, comme Pierre, nous pourrons témoigner et le suivre, et comme lui, nous serons heureux.

Annick SAUVAGE.

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MAI 2014: Évangile du dimanche 4 mai (3° dimanche de Pâques)

Évangile de Jésus-Christ  selon saint Luc (24, 13-35): Les disciples d’Emmaüs.

Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul, de tous ceux qui étaient à Jérusalem, à ignorer les événements de ces jours-ci. »

Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu’elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ! » Et, en partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment ils l’avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

Méditation :

Les deux disciples s’enfuient de Jérusalem. Ils s’éloignent de la « nudité » de Dieu. Ils sont scandalisés par l’échec du Messie en qui ils avaient espéré et qui maintenant apparaît irrémédiablement vaincu, humilié, même après le troisième jour (v. 17-21). Le mystère difficile de ceux qui quittent l’Église ; des personnes qui, après s’être laissées illusionner par d’autres propositions, retiennent que désormais l’Église – leur Jérusalem – ne peut plus offrir quelque chose de significatif et d’important. Et alors ils s’en vont par les chemins seuls avec leur désillusion. Peut-être l’Église est-elle apparue trop faible, peut-être trop éloignée de leurs besoins, peut-être trop pauvre pour répondre à leurs inquiétudes, peut-être trop froide dans leurs contacts, peut-être trop auto-référentielle, peut-être prisonnière de ses langages rigides, peut-être le monde semble avoir fait de l’Église comme une survivance du passé, insuffisante pour les questions nouvelles ; peut-être l’Église avait-elle des réponses pour l’enfance de l’homme mais non pour son âge adulte. Le fait est qu’aujourd’hui, il y en a beaucoup qui sont comme les deux disciples d’Emmaüs ; non seulement ceux qui cherchent des réponses dans les nouveaux et répandus groupes religieux, mais aussi ceux qui semblent désormais sans Dieu que ce soit en théorie ou en pratique.

Face à cette situation, que faire ?

Il faut une Église qui n’a pas peur d’entrer dans leur nuit. Il faut une Église capable de les rencontrer sur leur route. Il faut une Église en mesure de s’insérer dans leurs conversations. Il faut une Église qui sait dialoguer avec ces disciples, qui, en s’enfuyant de Jérusalem, errent sans but, seuls, avec leur désenchantement, avec la désillusion d’un Christianisme considéré désormais comme un terrain stérile, infécond, incapable de générer du sens.

Pape François
(extrait d’un discours prononcé devant les évêques du Brésil le 27 juillet 2013)
source: site internet officiel du Vatican

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AVRIL 2014: Évangile du dimanche 13 avril (dimanche des Rameaux)

Évangile de Jésus-Christ  selon saint Matthieu (21, 1-11).

Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent à Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : ‘Le Seigneur en a besoin, mais il les renverra aussitôt.’ » Cela s’est passé pour accomplir la parole transmise par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, humble, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Comme Jésus entrait à Jérusalem, l’agitation gagna toute la ville ; on se demandait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

Méditation :

Tu arrives à Jérusalem tout simplement, humblement monté sur un animal sans panache,
symbole de ta fidélité à ton option de toujours : une attention prioritaire pour les plus pauvres. Et la foule se presse, t’entoure, t’acclame :
Hosanna, Fils de David ! Béni sois-tu ! Elle reconnaît en toi celui qui doit venir, celui que les prophètes avaient annoncé, celui que tous attendaient, Le Messie, qui va sauver le peuple juif. On te fait un accueil de roi…
Mais quelques heures plus tard, cette même foule criera à Pilate de te crucifier, et même Pierre, ton disciple de la première heure, ton fidèle compagnon, va te renier à trois reprises et te laissera vivre seul ton agonie, juste après avoir affirmé haut et fort qu’il te
suivrait jusque dans la mort.
Et je m’indigne, et j’exprime mon horreur, mon dégoût devant ces comportements contradictoires et ignobles : comment peut-on être à ce point versatile, lâche et inhumain? Ah, si c’était moi… !
Mais en suis-je si sûre ? Oh, tant qu’il ne s’agit que de beaux discours et de belles intentions, pas de problème…mais s’il faut me mouiller, me risquer, retrousser mes manches, abandonner mon confort, mes acquis, mes privilèges…est-ce que je suis toujours partante et enthousiaste ? Ne m’arrive-t-il pas, moi aussi, de rentrer la tête dans les épaules et de faire comme si je ne te connaissais pas ?
Toi pourtant, tu vas aller jusqu’au bout de ton amour pour moi : malgré mes défections, mes lâchetés, mes abandons et toutes mes contradictions qui chaque jour ajoutent des clous à ta croix, au plus fort de ton agonie tu rassembleras tes dernières forces pour me crier que tu me pardonnes.
Merci, Jésus, pour ton amour que la mort n’arrête pas.
Je te demande pardon pour toutes les fois où j’y réponds si mal.
Apprends-nous à aimer comme toi.

Annick Sauvage.

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MARS 2014: Évangile du dimanche 16 mars (2° dimanche de Carême)

Évangile de Jésus-Christ  selon saint Matthieu (17, 1-9): La Transfiguration.

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. 
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » 
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ;
et, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le!» 
Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre
et furent saisis d’une grande frayeur.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et n’ayez pas peur ! »
Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Commentaire :

Jésus est en Galilée, où il y a peu Pierre affirmait: « Tu es le Messie.. ».
Pour la première fois, il parle de sa passion.
Pierre se rebiffe: « Surtout pas ça! ». Chez les Apôtres, c’est le désarroi.
Jésus lui-même doit être sensible à cette angoisse.
Il prend alors Pierre, Jacques et Jean, et se retire avec eux pour prier.
Il fait une relecture de sa vie et de sa mission, à la lumière de l’histoire de son peuple.
Nul doute: c’est bien lui le Nouveau Moïse, qui donne la Loi nouvelle;
le nouvel Élie, témoin du Dieu unique qui se révèle dans la brise légère de l’Esprit.
La lumière intérieure qu’il reçoit est si forte
qu’elle transparaît sur son visage et ses vêtements.
Moïse et Élie sont si présents dans sa prière
qu’ils en deviennent visibles aux yeux des Apôtres éblouis.
La voix du Père se manifeste: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-le »
Les disciples sont confortés dans leur foi.
Mais ils sont aussi dépassés par l’événement.
Ils voudraient seulement prolonger la joie de cet instant, au lieu d’accueillir
l’éclairage décisif sur l’avenir prochain de leur Maître et sur leur propre route.
Il n’est pas facile de se laisser interpeller par la Parole de Dieu…
L’appel sur la montagne s’adresse aussi à nous :
l’appel à vivre dans la lumière nous est donné à chacun.
Notre transfiguration n’est pas le flash d’un instant, mais une clarté progressive.
La première étape, c’est la prière.
Une prière qui n’est pas évasion du réel, mais éclairage de notre réalité
à la lumière de l’Écriture ou de l’exemple des pionniers de la foi.
Savoir converser avec Moïse, Élie ou Isaïe, comme le faisait Jésus,
pour faire de notre vie une vie transfigurée par la loi d’amour intériorisée et par l’engagement prophétique au sein de nos communautés: les deux sont importants.
À la descente de la montagne, Jésus avec ses disciples a pris résolument
la route de Jérusalem. Il était sûr que Pâques aurait le dernier mot.
Et nous ?

 

Source : claudebernard35.free.fr  (adapté)

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 FEVRIER 2014: Évangile du dimanche 9 février (5° TO)

Évangile de Jésus-Christ  selon saint Matthieu (5, 13-16)

«Vous êtes le sel de la terre.
Si le sel perd sa saveur, comment redeviendra-t-il du sel ? 
Il ne vaut plus rien; on le jette dehors et il est foulé aux pieds par les hommes.
Vous êtes la lumière du monde. 
Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée.
Quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau,
mais sur son support, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant
vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux.»

Méditation:

Je suis le sel de la terre et la lumière du monde…
Quel honneur tu me fais, Seigneur! Quelle fierté en moi!
Mais quelle responsabilité aussi, et quelle crainte de ne pas être à la hauteur!
Je suis bien petite et bien imparfaite,
 je n’arriverai jamais à remplir ma mission correctement!
Me demandes-tu vraiment quelque chose qui est au-dessus de mes moyens?
Aurais-je mal compris?
J’écoute à nouveau tes paroles : « Vous êtes… »:
pas moi toute seule, mais avec d’autres, ensemble: ouf, c’est déjà plus facile.
Et soit dit en passant, ça me donne une bonne leçon d’humilité: comment
ai-je pu penser que je pourrais, à moi seule, donner saveur et lumière au monde?!
Et puis, si nous sommes sel, qu’est-ce qui nous donne notre saveur?
N’est-ce pas notre relation avec Toi, Seigneur?
Sans Toi, sans Ta Parole d’Amour qui nous vivifie, sans la Sagesse
et la Force de Ton Esprit, notre saveur n’est-elle pas bien fade?
N’est-ce pas Toi, le support sur lequel nous devons poser nos lampes
pour qu’elles brillent pour le monde entier?
Voilà que la leçon d’humilité s’étend à tous les hommes…
Alors, Seigneur, merci pour cette belle mission que Tu nous donnes,
qui nous associe à Ton œuvre créatrice et nous montre à quel point
Tu nous fais confiance, Tu crois en nous.
Et pour que nous devenions toujours plus et toujours mieux ce que nous sommes,
ce à quoi Tu nous appelles, donne-nous de toujours nous souvenir de venir chaque jour nous nourrir de Ta Parole et nous abreuver à Ta source,
et de ne jamais oublier que sans Toi, notre lumière est bien faible.

 

Annick

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JANVIER 2014: Evangile du dimanche 26 janvier (3° TO)

Évangile de Jésus-Christ  selon saint Matthieu (4, 12-23)

 

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, 
dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens : le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée.
À partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer:
«Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »
Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre,
et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac: c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit: « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets.
Il les appela. 
Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent. Jésus, parcourant
toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle
du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

Méditation:

En ce début d’année, une formidable espérance retentit: la lumière est venue
pour ceux qui marchent dans les ténèbres.
Jésus commence sa prédication dans une Palestine occupée, en proie à la violence:
la voix de Jean s’est tue, Jésus prend le relais.
Il quitte le silence de Nazareth et va à la rencontre des Galiléens, une population cosmopolite: gens de toutes conditions, commerçants, pêcheurs, paysans.
Loin de la terre sainte du Tempe de Jérusalem, influencés par de nombreux païens,
les juifs y sont plus ou moins fidèles à la loi de Moïse…
C’est vers des hommes méprisés par les chefs religieux de Jérusalem
que Jésus lance sa parole-programme:
« Convertissez-vous, le Royaume de Dieu est là ».
Cette bonne nouvelle est pour tous, il n’y a pas des gens mieux que d’autres,
plus dignes de recevoir et de comprendre la parole de Jésus ;
le royaume est sans frontières, la lumière de Dieu atteint les cœurs les plus endurcis.
Par sa prédication, Jésus veut rejoindre ceux qui ploient sous les fardeaux de la vie, ceux qui sont dans le pays de l’ombre et de la mort.
Si nous tournons le dos à la lumière, si nous nous détournons de l’Amour
en restant centrés sur nous, nous restons prisonniers de nos ténèbres,
nous ressassons notre passé.
Laissons-nous regarder par le Christ car il nous aime.
Tout est une question de regard : Jésus vit les deux frères et l’appel suivit aussitôt.
Ces rencontres ressemblent à un coup de foudre,
à une histoire d’amour fou entre le Maître et ses disciples.
Ce « oui » total, immédiat et sans réserve, suppose les hommes conquis par Jésus. L’homme qui a perdu la puissance de s’émerveiller est comme s’il était mort.
Gardons notre enthousiasme pour pouvoir repérer les signes du Royaume.
Oui, le Royaume est là en nous.
C’est en Galilée que le Ressuscité nous enverra vers toutes les nations
en nous assurant de sa présence:

« Et moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps ».

Source : www.lejourduseigneur.com (adapté)